Premiers pas sur un glacier alaskien

5 mars 2013, Fairbanks

Lors de mon réveil, rien ne bouge. De la mezzanine, seul un ronflement émane du dortoir. Dehors, la forêt de conifère est noyé dans le brouillard. Je sors pour me dégourdir les pas et surtout pour admirer de l’extérieur la cabane et ses toilettes, véritable trône de la nature, ouvert sur la vallée, fermé sur trois côtés. De retour au chaud, alors que je rallume le feu, grognements et froissements de sac de couchage émanent de l’autre salle. Peu à peu la compagnie émerge. Pour le petit déjeuner, Eyal nous prépare un shakshuka, typique de son pays d’origine. La plus simple description que j’ai pour ce plat israélien serait des œufs pochés dans une ratatouille épicée.

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Alors que le repas est presque prêt, le brouillard s’écoule peu à peu dans la vallée, dévoilant lentement le sommet des montagnes. Nous découvrons un fabuleux paysage. Difficile de décrire cette large vallée, ces montagnes immaculées se dressant de l’autre côté, cette forêt de conifère descendant jusque dans la plaine, … Un véritable régal, autant gustatif que visuel. Pour le plaisir des yeux, nous restons encore un moment à la cabane, afin de voir la vallée complètement dégagée. L’avantage d’avoir Grant avec nous, l’un des aides instructeurs du courts, est qu’il nous apprends que même en arrivant avec un retard certain à au point de départ, nous ne devrions pas être les derniers arriver au sommet. Au vu des derniers courts et de certaines personnes peu à l’aise avec le matériel ou encore complètement novice dans l’art de la randonnée alpine, cela ne me surprends guère.

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Arriver peu après midi sur le parking, moins d’une vingtaine de minutes plus tard nous sommes prêts à nous élancé à la poursuite de nos collègues. Pour parcourir les deux premiers kilomètres au fond de la vallée,  nous enduisons nos skis de kickwax, et glissons rapidement, à la manière de fondeur. Arrivé à la moraine frontale, la pente est trop importante pour continuer d’avancer ainsi. Nous basculons en mode de randonnée alpine traditionnel avec des peaux de phoques collées sous nos ski.Jusqu’au camp, quelques kilomètres à gravir et glisser dans un paysage de collines morainiques : de part et d’autre de notre route, aucune trace d’un précédent passage, de la neige blanche, immaculée. Un paysage de rêve. Lorsque je me retourne, aucune trace de civilisation, même la route est invisible, cachée derrière un rideau d’arbre. Je me sens comme au milieu de nulle part, au milieu d’un coin perdu, au plein cœur de l’Alaska. Que du bonheur.

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Nous voilà enfin arriver à destination, il est temps de monter notre abris pour la nuit. Au lieu de dormir sous tente comme les autres, notre groupe décide de se fondre dans le paysage : grotte dans la neige, tranchée recouverte d’une bâche, … Pour ma part, avec Nick et Eyal, nous nous attelons à la construction de notre premier igloo. Des trois, je suis le seul qui – ce sont des biens grands mots – possède les connaissances pour mener à bien la construction. Entre mes excellents souvenirs d’enfance à avoir vu mon père en bâtir devant le chalet pour ma sœur et moi et ce que j’ai lu dans le livre “Freedom of the Hills”, je devrais m’en sortir. Après avoir expliqué à mes collègues comment coupés de beau gros bloc dans la neige compacte, je les empiles les uns après les autres, essayant de les ajuster au mieux. Quelques heures plus tard, la dernière pièce est posée au sommet et l’igloo tient debout. Si j’ai tenté de colmaté au mieux les interstices pendant la construction, leur nombre est bien trop important pour que je sois pleinement satisfait. La prochaine fois, je me munirais d’une scie un peu moins flexible pour égaliser au mieux les blocs. Une heure plus tard, la majorité des trous sont comblés, les murs sont paré de neige pour augmenter l’étanchéité, un auvent est construit à l’entrée. Une demi-heure après que le soleil soit couché, notre édifice est prêt à nous accueillir pour dormir, bien que l’intérieur manque de finition, avec ses blocs encore mal équarris.

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Durant toute la journée, les températures étaient plus que clémente, atteignant presque les 30F (seulement environ -5F), elles chutent rapidement sitôt le soleil caché derrière les montagnes. Au menu du soir, le curry que j’ai cuisiné lundi passé, accompagné de son couscous au beurre. Un vrai régal. Après souper, le camps est rapidement déserté, les gens se calfeutrent dans leur tente. Seuls restent Andy, Caroline, Nick, Eyal et moi, admirant les étoiles, le lever de la lune, la luminescente de notre globe de neige, … Un souvenir inoubliable.

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22h00, il est temps d’aller dormir. Demain, nous devons nous entrainer à nous hisser le long d’une corde, à passer la lèvre de la crevasse, redescendre en rappel,.. mettre en place un système de poulies en Z, placer des ancrages pour des rappels, manipuler des visses à glaces. Tout un programme, avant de rentrer sur Fairbanks.

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Comments

  1. […] ressortir quelqu’un d’une crevasse. Je conserve d’excellente souvenir de cette petite expédition. La météo s’annonce clémente, avec un ciel dégagé, peu de vent et des températures […]

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