J64 – Une dernière matinée à Sydney

EK419, Sydney-Bangkok-Dubaï, 13 :47 (GMT+0)

D_t_BKK : 2336 miles

Et voilà, il s’agit de mon dernier jour à Sydney. Levé de bonne heure comme d’habitude, je descendrai prendre mon petit déjeuner. Malheureusement, il ne me reste du véritable beurre que pour deux tartines, je devrai me contenter de simple margarine sur les autres toasts. Après avoir empaqueté mes affaires, contrôlé que je ne laissais rien derrière moi dans la chambre, il est déjà neuf heure. Mon avion décollant un peu après 18h00, compte tenu des trois heures de marge conseillées pour le check-in et les quarante minutes nécessaires à la navette pour rejoindre l’aéroport, il me faut être de retour à l’hôtel vers 14h00. Il me reste donc suffisamment de temps pour déambuler une dernière fois dans les rues de la cité. Je repasserai par tous les lieux que j’ai appréciés.

Quittant Funk House, je longe Victoria Street. Cette rue, où deux rangées d’arbres poussent de part et d’autre de la route, est un de mes coups de cœurs de la cité : l’architecture des maisons forme une véritable cohésion. Datant toutes de la même époque, elles présentent ces façades à doubles terrasses, ornées d’une dentelle en fer forgé. Parfois un élégant troisième, voire même un quatrième étage chapeaute le tout. Devant, parfois, un étroit jardinet permet à quelques plantes grimpantes de s’épanouir, grimpant aux balustrades, escaladant les murs. De temps à autres, la silhouette particulière d’un immeuble Art Déco vient s’intercaler, dominant de sa dizaine d’étages les bâtisses voisines.

Dévalant les escaliers de Butcher Steps, rejoignant  Woolloomooloo Wharf, me voilà de retour aux jardins botaniques. Aujourd’hui, je les traverserai du Sud au Nord pour émerger face à l’Opéra. Chemin faisant, le bruit d’une balayeuse ayant dérangé les chauves-souris, ces dernières, malgré la période diurne, s’envoleront de leur perchoir poussant des cris stridents. J’observerai une nuée de dizaines, de centaines de ces mammifères s’ébattant dans le ciel bleu, avant que, retournant sur leurs arbres-dortoirs, tout redevienne calme.

Alors que j’arrive à Belongong Point, ce dernier est quasiment désert, seule une douzaine de personnes sont présentes sur l’esplanade et les escaliers de Sydney Opera House. Comme la première fois que je l’ai vraiment observé, le ciel est céruléen, les toits de céramique blanche se découpent parfaitement, brillants dans le soleil. Architectures audacieuses, je me sens presque transporté dans un roman de science-fiction lorsque mon regard erre sur ses courbes.

Glissant dans les rues de la cité, j’arrive à Darling Harbour, m’arrêterai le temps de croquer rapidement la silhouette de Pyrmont Bridge. Je l’emprunterai une dernière fois pour gagner la rive d’en face, profitant de jeter un rapide coup d’œil sur l’Australian Maritime Museum. Après avoir longé quelques centaines de mètres Darling Harbour, je ne résiste pas à l’envie de monter dans Sydney Monorail. Comme les trams à Lisbonne, comme l’ancienne ficelle ou l’actuelle M2 à Lausanne, comme le Cable car de Wellington, il est nécessaire d’emprunter ces moyens de locomotions, parfois datant d’une autre époque. Le monorail, comme à Gotham City, circule à quelques mètres au dessus de la rue, savamment accroché à son seul et unique rail central, glissant à quelques mètres au-dessus des routes, passant d’un côté à l’autre de la rue. Comme un long serpent articulé, les cabines comportent huit places assises et quelques-unes debout et sont reliées les unes aux autres par les boogies centraux.

Après avoir effectué un tour presque complet, descendant un arrêt avant celui où j’étais monté, je traverse à nouveau Pyrmont Bridge, remonte Pitt Street Mall, redescends la moitié de Hyde Park, passe devant St Mary’s Cathedral, bifurque au niveau de l’Australian Museum, et poursuit ma route en direction de Kings Cross. Au bout de William Street, le rouge de la publicité Coca-Cola focalise mon attention. Finalement, je suis de retour à Funk House. J’y patienterai encore une petite demi-heure avant de prendre la navette.

A l’aéroport, rien de bien intéressant. Le check-in a été rapide. Le passage de la douane s’est effectué sans aucun problème. Le contrôle de mon sac n’a pas relevé d’objets illicites. Je n’ai pas sonné au passage du portillon. Ah oui, j’ai été sélectionné par le plus grand des hasards pour subir un deuxième contrôle, destiné à vérifier que je ne dissimulais pas d’arme sur moi et que je n’avais été en contact avec aucun explosif ces derniers mois. Je considère que cela est le plus grand des hasards, quand les deux autres personnes subissant ce test portent aussi une barbe de plusieurs semaines. Le test est assez rigolo. Après vous avoir fait lire un document vous expliquant le test, et se concluant par une demande formelle si vous êtes d’accord, ou plutôt si cela vous dérange de subir le test. Vous pouvez bien sûr répondre que cela vous dérange, ils vous amèneront alors dans une salle à l’abri des regards pour effectuer la fouille. L’examen se déroule en deux étapes. Durant la première l’agent passe un morceau de tissu sur diverses parties intérieures et extérieures de vos habits et de votre sac et le fait analyser par un appareil indiquant la présence ou l’absence de substances explosives sur vos habits. La deuxième étape n’est rien de plus qu’une fouille corporelle par palpation. Si dans l’un ou l’autre des cas quelque chose était découvert, vous restez pour de bon en Australie. Ce ne fut pas mon cas.

Je profite de la visite des terminaux pour faire quelques derniers achats, une petite dizaine de minutes avant l’heure de l’embarquement, je rejoins la porte 57. L’avion ayant un peu de retard, il me faut encore patienter une bonne demi-heure avant de rejoindre ma place. Peu après le décollage, nous avons droit à des crackers pour l’apéro que j’accompagnerai avec un verre de Chardonnay. Pour souper, poulet à la coriandre sur son lit de salade, suivi d’un harissa de bœuf et un cake aux dates pour le dessert. Le tout arrosé d’un Côte du Rhône et d’un petit Whisky. Un vrai régal.

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