Seward

19 mars 2013, Rosie Creek Road, Fairbanks

A travers la fenêtre, les chauds rayons solaires me réveillent vers 9h00. Dehors, les montagnes étincèlent dans leur blanc manteau sur un fond céruléen. Le point météo, après un déjeuner gargantuesque composé de pain, fromage et saucisses, remet en question notre expédition naval : a l’extérieur du fjord, le vent du nord souffle à plus de 40 nœuds, rendant impossible toute navigation en kayak. Rick nous propose aussitôt de nous amener en fin de matinée, jusqu’à Exit Glacier, en compagnie d’autre touriste dans son Snow Cat, un véhicule hivernal muni de chenille. L’été la route est ouverte au trafique automobile, mais en hiver une épaisse couche de neige la rend non carrossable.

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11h00, nous embarquons dans le véhicule jaune. Il s’agit d’un des anciens chenillards qui circulait à Chena Hot Spring entre les différentes cabines, l’hôtel et les sources d’eau chaude. La balade longe Resurrection River sur un peu plus de huit miles avec quelques arrêts pour découvrir le paysage et se dégourdir les jambes. Une bonne heure et demi plus tard, nous arrivons au centre de visiteur, à un demi-kilomètre du terminus du glacier. J’aurais bien aimé m’y rendre à pieds, surtout qu’un chemin est déjà tracé dans la neige. Mais nous n’avons point le temps, il faut dire que si l’un des touristes me suit, nous risquons fort bien d’y passer l’après-midi complet pour qu’il effectue l’aller-retour, tant il ne semble pas à l’aise sur la neige. L’activité fut intéressante, elle m’a permit de découvrir rapidement Resurrection Valley, différents points de vue, mais jamais je ne débourserais de mon plein gré (avant d’avoir atteint un âge avancé) pour y participer. Comme je l’avais pensé depuis que je l’ai rencontré, Eyal est un excellent compagnon de voyage pour profiter de plans particuliers.

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De retour au magasin, nous dressons le plan pour ces prochains jours. Mercredi, en début d’après-midi, nous devons récupérer Simon à l’aéroport internationale d’Anchorage. Eyal propose de grimper le long d’une crête menant à Mount Alice cette après-midi et de grimper jusqu’à Callisto Peak demain dans la journée. Ayant séjourné dans la région, je lui fais confiance lorsqu’il me dit qu’il suffit de suivre le chemin d’été. C’est ainsi que nous nous retrouvons à grimper à travers la forêt, les skis sur le dos, les crampons au pied pour éviter de glisser sur la couche de neige compact et glacée qui recouvre le sol. Nous gagnons rapidement de l’altitude sur cette pente raide. Soudain, entre deux sapins bordant une longue et raide clairière, j’aperçois le fjord de Seward en contrebas. Un véritable merveille entre le vert sombres des arbres, la neige blanche, le bleu profond de l’océan et le gris bleuté des montagnes ombragées de l’autre côté de la vallée.

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Une bonne demi-heure plus tard, nous atteignons la lisière de la forêt. Quittant cette abris protecteur, nous sommes cueillis par un fort vent, du nord, le même qui souffle au large. La neige virevolte en arabesque, parfois nous engloutit à moitié comme une brume. A chaque pas, le panorama devient plus impressionnant avec de nouvelles montagnes, le fjord qui se dévoile dans son intégrité, l’océan au delà du goulet d’entrée, parsemé d’île, … Je ne cesserais de m’extasier entre deux bourrasques de vents.

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Et la descente, mes aïeux. La descente. Une véritable merveille : entre 20 et 30 centimètres de neige poudrée recouverte par une délicate croute d’une dizaine de millimètres. Un régal. Les photos sont là pour témoigner. Mais cela est difficile de partager l’impression de liberté ressentie lorsque je descends la pente, avec au bout de la neige, le bleu de la mer.

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De retour à l’abri de la forêt, nous nous arrêtons au milieu d’une clairière, exactement là où j’ai aperçu le fjord entre deux sapins. Entre les deux arbres, les derniers rayons du soleil nous bercent d’une douce chaleur alors que nous nous délectons d’une petite bière blanche : la seule et unique que nous ayons emporté avec nous.

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De retour à la voiture, les températures ont fraichis. Nous sommes bien plus prompts à nous change qu’à nous équiper. Avant de retourner sur Seward, Eyal me conseille de poursuivre quelques miles sur la route, sans m’expliquer la raison. “Tu verras bientôt” qu’il dit. Et effectivement j’ai vu, j’ai découvert le cimetière des vieux bateaux, là où ils sont amassés sur le terre-plein avant d’être désarmé et réduit en morceaux de ferrailles ou vieux bouts de bois. Je pourrais rester des heures dans un pareil endroit, à rêvasser sur chacun des navires, essayant de deviner son histoire, les gratifiants de périples sans doute extraordinaires qu’ils n’ont jamais connus.

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Retour au magasin en passant rapidement au magasin pour acheter de quoi nous restaurer. Excellente journée qui restera dans mes souvenirs comme ma véritable première journée de ski de randonnée en Alaska, avec en sus des conditions et un paysage extraordinaires. Je me réjouis déjà de demain.

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