Installation de la Mass Balance

20 janvier 2013, 10h40, 3484 Rosie Creek road, Fairbanks, Alaska

Ce matin, je ne failli pas à la tradition initiée en Nouvelle Zélande lorsque je dormais dans des lieux reculés ou exceptionnels : au menu, pan-cake selon la recette d’Antoine Sigg. Aucun précédent n’ayant eu lieu, cette première fut grandement appréciée par mes coéquipiers, et je suppose à leur large qu’ils ne diraient pas non si l’envie me prenait d’en refaire à l’avenir.

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Notre cabane

Hier soir, presque tout semblait aller sur des roulettes : emplacement de premier choix pour la mass balance, mise en place de trois des quatre chaînes d’électrodes, timing excellent. La seule ombre au tableau concernait les snowpingers – les capteurs qui mesurent la hauteur de neige – qui n’émettait aucune tonalité alors qu’une série de trois courts bips devrait se faire entendre chaque 10 minutes lors de la mesure. Le problème fut régler en milieu de matinée après avoir trouver un adaptateur usb-port série pour pouvoir dialoguer entre la carte d’acquisition et l’ordinateur portable. Alors que tout semblait résolu, peu avant midi nous avons déchanté lors du test du module radio : bien que la liaison soit étable entre l’émetteur et le récepteur, aucune donnée n’est transmise.

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Pret a percer un trou

En début-d’après-midi, nous gagnons le site pour poursuivre l’installation de la mass balance. Josh restant au Theatre pour essayer de résoudre le problème radio, Tony étant préposé à la défense de notre groupe, Andy pilotant la motoneige tirant la première luge, Megan n’étant pas des plus enthousiastes pour tracter la deuxième, je prends les commandes de la deuxième snowmobile, attachée à une luge. Je n’aurais pas pensé que l’adjonction d’une luge rendrai le pilotage presque plus facile, stabilisant l’ensemble en raison de son poids. Après avoir repéré les emplacements des différents capteurs, plus ou ou moins alignés sur une ligne perpendiculaire au vent dominant, nous perçons deux trous contigus dans lequel nous enfilerons le mat supportant lethermocouple mesurant la température de l’eau, ainsi que les pingus, deux capteurs sous-marins. Ces deux sondeurs, l’un tourné vers le sol, l’autre en direction de la surface, permette de suivre l’évolution de l’épaisseur de la glace par un simple calcul. Une fois immergé, le mat est maintenu tandis que le trou est rebouché avec de la neige. Le processus de glaciation est accéléré en versant de l’eau douce au-dessus du trou. En effet, exempte de sel, par les froides températures, il ne faut qu’une trentaine de secondes avant que l’ensemble ne soit suffisamment solidaire pour relâcher le mat, sans qu’il ne coule. Alors qu’il fait de plus en plus sombre, nous finissons le haubanage des deux supports métalliques qui accueilleront les deux boîtes contenants instrumentations et batteries.

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Support des caisses d’instrumentations de la mass balance

Alors que nous rejoignons les abords du BARC, Tony lève le poing, le signal convenu pour s’arrêter. Il nous explique brièvement qu’un ours polaire a été aperçu, et qu’à partir de maintenant, jusqu’à ce que l’on soit arrivé à destination, il est temps de filer, vite, très vite et sans arrêt. Il faut dire que l’animal est capable de courir sans problème à 30 km/h. A la (grande) déception de Megan et moi, nous ne le verrons pas. De retour au bâtiment n°2, Josh n’a malheureusement toujours pas résolu le problème et il reste encore presque une montagne de travail. Nous décidons toutefois de prendre une bonne heure de repos pour aller se restaurer chez nous. Sur le chemin, je vois ma première aurore boréale. Elle est bien tenue, d’une couleur verte, presque diaphane dans le ciel nordique,nappe ondulante se déplaçant lentement vers le sud. Elle est d’autant plus magnifique que cela fait plus de trois semaines que je scrute le ciel à sa recherche. Au menu du soir, petit Fendant du Valais, rösits et fromage d’alpage. Un véritable régal qui nous remet d’aplomb pour retourner au travail.

Alors que Megan file au laboratoire pour mesurer la salinité des colonnes de glaces prélevées la veille, qu’Andy et Josh essaie de trouver une solution, je m’attaque au montage de la nouvelle éolienne. Alors que le fournisseur avait confirmé qu’il était possible de monté la nouvelle éolienne sur le même mat que l’ancienne, à notre stupeur, ce n’est pas le cas. Après avoir essayé, sans succès, de trouver un tube métallique pouvant servir de manchon, je trouve un autre mat, déjà haubané, mais dont le diamètre se révélera trop grand. Finalement, nous réutiliserons l’ancienne éolienne à six pales. Pour remplacer les deux cassées l’année dernière lors de l’attaque de l’ours polaire, nous utilisons trois pales de réservées, légèrement plus lourdes, qui montée en alternance avec les trois autres pales forment une hélice équilibrée, avec une symétrie d’ordre 3 (120°).

Peu avant minuit, un peu fatigué par cette dur journée, la succession de complications impromptues, l’impossible résolution du problème radio, nous regagnons nos pénates. Séance de débriefing sur l’avancement de la journée et les soucis autour du traditionnel verre de whisky. Alors que Megan et Andy parte dormir vers 1h00, nous continuerons de discuter avec Josh et finirons par aller nous coucher à  une heure avancée de la nuit.

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Comments

  1. Yeah! J’espère que depuis le temps tu t’es apprivoisé la recette… Je découvre tes récits, je remonte le temps.

  2. heu, “apprivoisé” je pense, mais je voulais dire “approprié”

    1. Presque, mais pour moi cela restera toujours la recette des pancakes d’Antoine. Penses, un peu le voyage qu’elle a fait de la Suisse à la Nouvelle-Zélande pour terminer au nord de l’Alaska!

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