Excursions méridionales

18 mars 2013, Rosie Creek Road, Fairbanks

Comme annoncé la semaine dernière, dimanche matin, après avoir récupéré Eyal, j’ai mis le cap au Sud : d’ici 483 miles (à peine 2 fois la largeur de la Suisse), j’aurais traversé un tiers de l’Alaska avant d’arriver à Seward. Quittant la ville par la Highway 3, le léger brouillard qui recouvre Fairbnaks cède la place au ciel bleu alors que nous abordons les collines bordant la ville. Arrivé à Nenana, à peine le pont enjambant la Tanana River, l’espoir d’apercevoir le Denali – aussi connu sous le nom de Mount McKingley – s’évanouit. Dans le lointain, des nuages recouvres les montagnes de l’Alaska range. A mesure que nous nous approchons, la météo se dégrade et à peine franchit les premiers contreforts, la couleur grise de la route vire au blanc, la visibilité se réduit rapidement à une centaine de yards.

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Je passerais à côté de Panorama Mountain sans en apercevoir les pieds, nous continuons notre route dans un univers feutré où les sapins se fondent dans le paysage. La silhouette du soleil se découpe dans les nuages, un rond étincelant à travers des myriades de gouttelettes illumine les environs. Je pourrais presque deviné quelques nuances de bleus dans cette environnement virginale.

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A mesure que nous approchons de Wassilla la nature sauvage laisse place à la civilisation, ou plutôt au faubourg et aux zones artisanales et industriels. Sur une quarantaines de miles s’étend la plus triste zone qui m’ait été donné de voir : vendeur de feux d’artifices, échoppes de trucks – le nom donné au pickup en Alaska -, petites industries, hangars, bâtiments désaffectés, … Connu sous le nom de Mat-Su, diminutif pour le nom de Matanuska Valley, cette région connaît l’un des plus forts taux de croissances des US, bien au dessus de ceux des Lower 48 – les 48 états du Sud -. Un univers bien gris, surtout lorsque la neige tombée cette nuit s’est transformée en une sorte de gadoue brunâtre.

Arrivé à Anchorage, bien que nous ayons grignoté pains et fromages pendant notre route, l’estomac nous tiraille. Eyal m’entraine au Falafel King où dit-il l’on mange les meilleures falafel d’Alaska. La neige séche, légère que l’on trouve au Nord laisse place à des flocons humides, une neige déjà allourdie par la pluie. Dans cette univers grisâtre, je me retrouve dans la banlieue d’Anchorage, face à une petite échoppe, peinte en rose, qui ne paie pas de mine. A peine entré, la tenancière reconnait Eyal; il s’ensuit une discussion ininterrompue en hébreu. Peu à peu je comprends qu’en plus de ses nombreux contacts, acquis par un tempérament des plus ouverts, Eyal profites de ses relations tissés par des liens religieux. Souvent la communauté juive est évoquée, mais je ne l’avais encore jamais observé aussi ouvertement. Elle mérite presque le nom de mafia, tant les liens entre deux individus semblent forts. Toujours est-il que dans ce petit boui-boui, j’ai sans doute mangé les meilleures falafel que j’ai dégusté.

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Quittant Anchorage, la route, scénique longe le Turnagain Arm, l’un des bras du Cook Inlet qui baigne la plus grande ville alaskienne. 19h00, la nuit commence à tomber, je peux encore deviné la beauté du paysage entre deux nappes de brumes. Mais il faut me rendre à l’évidence, ce n’est pas ce soir que j’admirerais les beautés de Kenai Peninsula; il fait bien trop sombre.

Arrivé à Seward, un peu plus de 11 heures plus tard, nous nous parquons devant le Tonny’s Bar. A l’intérieur, Eyal retrouve Rick, le patron de Adventure Sixty North, une compagnie de trek en kayak pour qui il a travaillé durant un été complet, ainsi que d’autres anciens collègues. Peu de temps ne se passe avant que je sois adopté, puis que nous changeons de bar pour pouvoir jouer quelques parties de billards. Il est passé une heure du matin lorsque nous quittons les lieux. Rick nous prête les clés de son échoppe pour que nous puissions y loger ces prochains jours. 20 minutes plus tard, les sacs de couchage déployé sur les confortables canapés, nous sommes déjà en train de dormir. Demain si tout va bien, nous pagayerons jusqu’à Bear Glacier.

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