Données, données et données

24 mai 2013, UAF, Fairbanks

Ce matin, Kyle, Brandon, Naoya et moi sommes allé nous couché tôt, très tôt. Il est pret de 3h00 heures lorsque nous quittons le BARQ après avoir fait des statistiques sur les modules biologiques, dont nous devons écrire le rapport. Au lieu de regagner dirctement nos pénates, nous profitons de faire un tour sur la plage pour admirer un magnifique soleil ascendant.

Soleil ascendant à 3h00 du matin
Soleil ascendant à 3h00 du matin

Le même matin,  avant-dernier jour du cours, il est temps d’essayer de rassembler les données collectées par les différents groupes, une véritable tâche titanesque, surtout qu’aucun fichier ne ressemble à un autre. Finalement, dans un certain nombre de cas, l’erreur sur les données, calculée avec une simple déviation standard, est plus grande que la moyenne. Difficile d’en tirer des conclusions.

Suite à l’évacuation de hier, nous n’avions qu’une seule mesure du freeboard sur le deuxième profile. Avec Brandon, nous demanderons l’autorisation à Hajo de retourner sur la glace de mer pour compléter les données. Permission accordée et c’est accompagné d’un bear guard, seuls comme des chercheurs polaires, que nous nous rendons sur le site de hier.Arrivé à destination, chaque 20 mètres, après avoir creusé un trou dans le manteau neigeux pour atteindre la surface de la glace, nous perçons un trou à travers l’épaisseur totale pour en prendre la mesure, ainsi que le freeboard[footnote]franc-bord, hauteur de glace de mer au-dessus du niveau de l’eau[footnote]. Au deuxième emplacement, c’est avec un émerveillement d’envant que suite au perçage, au lieu d’observer la surface de l’eau à quelques centimètres plus bas que la glace, un petit jet jaillet et l’eau remplit la cavité dans la neige. Quelques minutes plus tard, nous prenons la mesure, 12 centimètres d’eau recouvre la glace de mer. Negative freeboard ou franc-bord négatif en bon français est un phénomène relativement rare dans l’Arctique : quand la quantité de neige accumulée sur la glace est suffisament importante, sa masse est telle qu’elle coule la glace au-dessous du niveau de l’océan. Sans fracture ou trou artificiel, cet état hors équilibre peu perduré de nombreux jours, si ce n’est des semaines. Le grand avantage pour la mesure est qu’au lieu d’estimer la hauteur de la surface du mélange eau-mer, la pression de la colonne d’eau jaillissant dans la cavité en fait un trou auto-nettoyant, sans impureté neigeuse.

Le trou lors de la mesure d'un freeboard negatif
Le trou lors de la mesure d’un franc-bord negatif

Deux petites heuresplus tard, nous avons terminé nos mesures, sans avoir vu d’ours polaire. Avant de retourner à la base, nous grimpons au sommet du ridge, et découvrons de l’autre côté les traces d’un ours. Nous avions entendu quelques craquements, en les mettant sur le compte de la banquise, mais ce devait être les pas balourds du mammifère sur la glace.

Trace d'ours polaire, au delà du ridge
Trace d’ours polaire, au delà du ridge

Et pour finir deux petites vidéos, la première est timelapse de notre journée de relevé morphologique, avec au début la calibration de l’EM-31, puis le relevé du premier profile horizontal, ainsi que le début du profile sur le ridge, jusqu’à l’annonce radio de l’ours polaire qui nous a obligé de plier bagage.

La deuxième vidéo montre les mouvements de la glace de mer au large de Barrow. Il est facile de distinguer la glace de mer attachée au continent, nommée landfast sea ice, sur laquelle nous travaillons et la glace de mer libre de mouvement située de l’autre côté des grounded ridges, ancrés au fond de la mer.

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