Granite Tors II – printemps

7 juin 2013, 7h30, Building 254A, Barrow

Après une belle randonnée, qui ne m’a laissé aucune courbature, point question de s’arrêter en si bon chemin. Aujourd’hui, avec Andy nous retournons dans Chena Valley, cette fois accompagné de Mandy et Grant, direction Granite Tors. Je suis sûr que vous vous souvenez de ces majestueuses tours granitiques que j’avais découvert au mois d’avril lors d’une randonnée avec Simon et Nick. A l’époque j’avais mis en doute la présence de buisson caché sous la neige, et encore plus le fait que la forêt que nous traversions n’était pas morte.

A travers les maretsons
A travers les maretsons

Comme nous ne craignons pas l’arrivée de la nuit en fin de journée, qui nous contraindrait à marcher éclairé à la lampe frontale, après avoir vaqué ce matin à diverses occupations, nous quittons Fairbanks vers 10h30. Une bonne heure plus tard, nous attaquons notre randonnée. Bien que depuis cette dernière semaine je devrais être habitué, l’omnisprésence de la végétation ne cesse de m’estomaquer. J’ai de la peine maintenant à imaginer que j’ai connu l’Alaska couverte par un blanc manteau, tant les plantes semblent luxuriantes. Le plus impressionnant fut sans dout le panorama que j’ai découvert peu avant d’attaquer la montée : le blanc manteau est remplacé par un velouté vert.

Au fond de la vallée, là où la neige recouvrait les flancs, seuls une végétation foissonante est visible aujourd'hui
Au fond de la vallée, là où la neige recouvrait les flancs, seuls une végétation foissonante est visible aujourd’hui. A comparer avec le panorama hivernale

A travers le bush, le chemin se fraille une petit passage. La neige ayant disapru, je découvre pléthores de troncs morts et branches assechées, souvenirs du terrible incendie de 2004. Je suis des plus heureux de ne pas avoir tenté de hors-piste cette hiver sur les deux-tiers inférieurs. En début d’après-midi, nous pique-niquons à l’abri des West Arms Tors, avant de poursuivre notre route à la découverte de tours aux formes les plus diverses et variées. Impossible de les décrire toutes, entre un volatile issus de la préhistoire, prêt à vous croquer de son gigantesque becque ou cette forme ogivale, semblable à la pointe d’un vaisseau spatiale.

Un dinosaure affamé
Un dinosaure affamé

A peine la limite du bush passée, nous avons avancé un petit moment à travers une forêt de sapin, et finalement atteignons la prairie alpine. Moitié verte, renaissante, moitié beige, encore atteinte des stigmates de l’hiver, quelques peu marécageuses par endroit, un peu boueuse ailleurs, le chemin est agréable à suivre. J’adore. Je me sens chez moi. Le granite des rochers est fantastiques, de gros grains de quartz enchassés dans une texture régulière composée de noir mica et de blanche feldspath. Il n’est pas sans me rappeler la protogine du massif du Mont-Blanc, si chère à mon papa.

Prairie tourbeuse sur la crête
Prairie tourbeuse sur la crête

Il est temps d’accomplir la boucle et de redescendre vers notre point de départ en suivant l’autre crête de la vallée. Quelques pierriers à traverser surgit de nulle part. Je découvre avec joie la fireweed, chamerion angustifolium en latin ou épilobe en épi en français, dont la jeune pousse se déguste. Le goût est quelques peu sucré et des plus aromatiques. Je ne cesserai de m’en délecter tout au long du chemin.

Fireweed, une herbe comestible dans sa prime jeunesse
Fireweed, l’épilobe en épi, comestible dans sa prime jeunesse

A la découverte de la flore et de la faune alaskienne, aujourd’hui, je peux encore cocher le ptarmigan dans sa livrée printanière, lorsqu’il a déjà entrepris sa mue, tête brune surmontant un corps en livrée blanche.

Ptarmigan, en pleine mue
Ptarmigan, en pleine mue

Encore deux miles à travers une forêt de boulot, un dernier kilomètre le long d’un petit cours d’eau et nous voici de retour. Comme hier, nous remercions le léger biset qui a tenu les moustiques éloignés presque toute la journée: ils ont été particulièrement agressif sur ces trois derniers miles. Bienvenue en Alaska, vous aurez le choix entre le froid hivernal ou les moustiques estivales.

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