Barrow en juin

7 juin 2013, building 254A, UIC-NARL base, Barrow

Après deux courtes semaines passées à Fairbanks, je m’envole ce matin à nouveau pour Barrow. Je devais y retourner seulement à la mi-juin pour démonter la mass balance, notre dispositif expérimentale situé sur la glace de mer. La chaleur de ces derniers jours a initité un rapide dégel, avec la formation de nombreuses melt pond, gouilles d’eau de fonte, qui amplifie le phénomène. Bref, jeudi passé la décision a été prise d’avancer notre voyage à aujourd’hui. Sous un ciel gris et quelques légères averses nous quittons la verte Fairbanks.

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Au lieu du vol direct pour Barrow, cette fois-ci l’itinéraire reservé nous fait transiter par l’aéroport de Deadhorse, quelques miles au sud de Prudhoe Bay, le plus grand gisement de pétrole des Etats-Unis et aussi générateur de la moitié du pétrole de l’Alaska. C’est à cet endroit que prends naissance le célèbre oléoduc trans-Alaska qui termine sa course à Valdez. Ce changement est bienvenu, et je l’aurais apprécié encore plus sans les nuages. A défaut de profiter du nouveau paysage pendant tout le vol, je découvrirai un aéroport gérer de manière encore plus rustique qu’à Barrow. L’escalier de service n’est pas tracté par un petit véhicule, mais déplacé à l’aide d’un énorme trax-élévateur.

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Tout comme Fairbanks, le paysage du Nord a bien changé. La neige a bien fondue, le permafrost de la toundra est à découvert, tout comme la surface vive de la glace de mer, d’une couleur bleutée, sur laquelle se découpe la silhouette en T de Point Barrow.

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Que de changement depuis la dernière fois, Barrow en juin devient Barrow la Brune, dans sa livrée d’été. Les gigantesques tas de neige bordant la route ont complètement fondu, la glace de mer est presque partout apparente, parsemée des tâches turquoises des melt ponds. Les pickups soulèvent des volutes de poussière, les quads remplacent peu à peu les motoneiges. Une petite heure après avoir pris possession de nos quartiers, Megan, Josh et moi, accompagné de Mike, notre bear guard, partons pour le site de la mass balance. Depuis la semaine dernière, l’eau des melt ponds a été partiellement drainée à travers la glace de mer, la topographie a bien changé, et la conduite des motoneiges est bien différentes d’en plein hiver, le tracé n’est que rarement rectiligne. La chaleur du printemps, suivi de quelques jours avec des températures inférieurs à zéro ont transformé la vaste pleine blanche où se trouve notre matériel en une gigantestque patinoire. Nous découvrons rapidement les joies de l’acrobatie et pirouettes artistiques.

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Le site est dans un triste état, les tubes métalliques sont mangés par la glace, le mat de l’éolienne est facheusement penché, les haubans sont lâches, et nous regrettons de ne pas être équipés de crampons. Rapidement nous nous mettons au travail, dressons la tente pour acquérir les dernière mesure de résistivités au moyen de la boîte magique, qui permet de lancer de longue série de mesures en intervertissant lles combinaisons d’électrodes.

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Pendant les 6 heures que durent l’acquisition des données, nous filons sur Barrow pour se restaurer à l’Osaka, le restaurant japonaisoù je me régale d’une bento box avec d’excellents sushis et saumon teriyaki. Un petit détour par le magasin de fourrure, faisant aussi office d’échoppe touristique, avant de retourner dans notre cabane attribuée, la 254A.

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10h00 du soir, il est de retourner sur le terrain. Arrivés sur site, comme l’acquisition n’est pas encore complètement terminée, Megan, moi et Mike glissons jusqu’à Point Barrow. Sur le chemin du retour, à moins de 150 mètres, de derrières un petit pressure ridge surgit un ours polaire, dérangé par nos bruyants moteurs. Il déambule de gauche à droite, regarde dans notre direction, hume notre odeur, puis sa curiosité satisfaite, retourne d’où il est venu. Caché derrière le ridge, seul son dos apparaît, parfois s’élevant avant de disparaîter complètement. D’après Mike, ce comportement est typique de l’ours lorsqu’il pêche, ou plutôt chasse, le phoque dans un trou.


Après avoir lancé une nouvelle série de mesure, nous rejoignons tranquillement nos pénates. Un petit café de minuit, la tradition à Barrow, enfin depuis le sea ice field course, puis au lit au environ d’1h00 du matin. Demain, nous avons du pain sur la planche avec le démantellement du site de la mass balance.

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