Kesugi Ridge (J1)

22 juillet 2013, 113 Roxie Road,

Certain d’entre vous auront remarqué que depuis quelques jours mon site a connu quelque problème. Rien de bien grave, j’ai migré mon serveur de Suisse en Alaska. Il est maintenant installé bien au chaud avec moi dans mon bureau. Bref, il m’a fallut gérer quelques petites tracasseries informatiques, avant de pouvoir enfin poster les billets écris depuis quelques jours. Par la même occasion, j’ai décidé d’abandonner la version courte qui me prends finalement trop de temps et n’est pas des plus intéressantes à rédiger et aussi de rapatrier les données de mon ancien blog, celui qui raconte mes pérégrinations en Nouvelle-Zélande et Australie, ici même. Bref si le tout tient ensemble, je dois encore affronter quelques problèmes de redirections, d’images disparues dans l’éther. Je vous suis gré de vous montrer compréhensif, et si par hasard vous tombez sur l’un ou l’autre problème, n’hésitez pas à m’en faire part.

Après le concert des Dropkicks Murphys hier soir, le réveil est tardif. Il est passé 10h40 lorsque j’attaque mon petit déjeuner. Tout en déglutissant mes tartines, je prépares mon sac de randonnée, Andy doit passer me chercher d’ici un petit quart d’heure pour aller faire les courses. A midi, nous récupérons Skye et Alessio puis direction le Kesugi Ridge dans l’Alaska Range, la deuxième plus belle excursion dans l’Alaska Interior d’après Andy.

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Le plan était parfait, la pratique s’est révélée avec un peu d’imprévu. Eyal nous téléphone alors que nous sommes en chemin pour faire les commissions et demande s’il peut se joindre à nous. Le calcul est vite fait, cinq dans la voiture avec deux chiens, le matériel dans le cargo cela ne pose pas de problème. Toutefois, il ajoute rapidement qu’il a déjà proposé à Madan, un népalais séjournant dans la Pink House de se joindre à nous. Bref, avec le sentiment de s’être fait forcé la main, nous acceptons à condition qu’ils soient prêt à embarquer lorsque nous passerons les chercher à midi précis. Et pour une fois, cela a surpris tant Andy que moi, Eyal, et ses affaires, était prêt à l’heure, une exception, un véritable record.

Avec un peu plus d’une demi-heure de retard sur l’horaire, nous quittons Fairbanks, roulons sans nous arrêter, franchissons Tanana River, traversons Healy. Depuis Spring Break, en mars, c’est la première fois que je m’aventure à nouveau sur Parks Highway, en direction du sud. Le paysage a bien changer, le paysage blanc, les arbres squelettiques ont disparus. Comme partout ailleurs, verdure est le maitre mot. A Nenana, le poteau a disparu, les bateau sont libérés des glaces et circulent librement. Arrivé en vue de l’Alaska Range, le manteau immaculé a disparu, remplacé par un vert fulgurant, des tâches fuchsia, surmonté d’une couronne minérale portant en son sommet un diadème blanc. Que de changement. Alors que j’avais connu MacKingley Park, tel un village désert, vide, les rues sont maintenant bondées, les devantures de magasins surchargés en souvenirs et en affiches publicitaires, RVs – nom donné aux énormes camping-car -, camping-car et autres véhicules occupent les bas-côtés des routes. Une véritable industrie, rapidement traversée.

…,Si jusqu’à présent nous avons pu rouler sans interruption, malgré un flot de voiture cent fois plus important qu’en hiver, des panneaux indiquent la présence de travaux, et sans doute une plus ou moins longue attente. Chanceux, nous passons de justesse, mais derrière nous Skye et Alessio forment la première voiture à être arrêté. Il nous rejoindront avec une bonne demi-heure de retard à notre point de ralliement. Une trentaine de miles plus loin, nous débarquons à Coal Creek, point de départ de notre randonnée. Le temps de nous équiper, amener l’une des voitures à l’autre extrémité de notre excursion et nous voilà partis, peu avant 17h00 sous un ciel céruléen.

L’habituel randonnée débute par la traversée du bush. Le sous-bois, plus humide qu’à l’accoutumée, est propices à la croissance des fougères qui tapissent littéralement le sol. Mis à part leur faible diversité, j’ai l’impression de me retrouver en Nouvelle-Zélande. Rapidement, ce souvenir s’estompe, les végétaux remplacés par les noisetiers et les vernes, puis ceux-ci cèdent la place à la prairie alpine.

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Dominé par le pierrier conique de Kesugi, le chemin s’avance sur un replat en contrebas de la crête allongée menant au sommet. Entre pierre et rase prairie, le chemin ondule entre tête et combe, contourne quelques petits lacs.

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Après avoir pris nos quatre-heures à huit heures, trois tentes d’un campement se dresse non-loin du chemin. Huit adolescents accourent à la vue des deux huskies, Lupa et Balto, nous accompagnant, bientôt rejoint par leur deux moniteurs. Les présentations sont vites faites et nous nous souviendrons à tout jamais de leur tête, lorsque nous annonçons : “We’re from Fairbanks”, rapidement suivi de “Both of us from Switzerland, this one from Israel, next from Nepal, this guy from Italy and finally, the girl really grew up in Fairbanks”. Poursuivant notre chemin, je ne cesse de regarder Denali. Depuis que nous nous sommes extirpés du bush, sa pointe n’a cesser de croîte à mesure que l’on prenait de l’altitude. Dominant les nuages recouvrant les autres sommets, il apparaît des plus gigantesques, majestueux. En un certain sens, cela me rappelle la vue du Badile depuis le sentier panoramique dans le Val Bregalia, avec sa face de plus de 1000 mètres dominant les montagnes environnantes. Il m’impressionne, déjà si grand, et pourtant si éloigné, plus de 50 miles nous séparent.

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La randonnée se poursuit sur un rythme nonchalant, presque un peu lent et trop paisible pour moi. Mais ces pensées négatives disparaissent rapidement, ce serait dommage de gâcher un si beau ouikènne. De cette manière, je n’ai aucun problème pour m’arrêter et m’essayer à la photographie, jouant avec diverses paramètres.

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Finalement, nous arrivons au lac dont Andy nous avait parlé. Lors d’une précédente excursion il avait pensé que le lieu serait un campement parfait. Effectivement, le Denali s’élève au dessus d’une vallée échancrée en V, et vient se refléter dans le lac en contrebas. Une véritable carte postale. Les Suisses étant en majorité nationale, à peine la fondue mise à fondre sur le réchaud que le doux bruit d’un bouchon extirpé d’un goulot se fait entendre. A défaut d’un véritable mélange de fondue, nous nous sommes contentés d’un mélange préparé. Cela n’a pas le même gout, mais après quelques mois loin de la mère patrie, je dois dire que cela est moins terrible que dans mon souvenirs. Et pour toute personne horrifiée par de tel propos, il ne vous reste plus qu’à remédier. Mon adresse pour de tel envoi est celle du Geophysical Institute 1. En guise de désert, thé, chocolat et autres biscuits emportés avec nous, au son de la flute de bambou dont joue Alessio.

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Notes:
1. Marc Oggier, Geophysical Institute, University of Alaska Fairbanks, PO Box 757320 903 Koyukuk Drive, Fairbanks, AK 99755-

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