Kesugi Ridge J2

30 juillet 2013, 113 Roxie Road

Sitôt lever, sitôt baigner. L’attrait du lac ne me laisse aucun répit. Peu profond, chauffé depuis le début de l’état, la température est clémente. Le paysage est encore plus splendide que hier soir, l’immaculé Denali se reflète sur l’eau paisible, troublée seulement par quelques vaguellettes concentriques. Seules ombres au tableau, les deux coupures nettes dues au sol tapissé par des cailloux aux arêtes vives. Quelque peu revigoré, j’apprête le petit déjeuner, le traditionnel porridge du montagne, quelques peu amélioré par des raisins, ananas confits, figures sèches, … Le temps que tout le monde avale son petit-déjeuner, remise ses affaires, admirent encore le paysage, il est près de 11h00 lorsque nous quittons le campement. Qu’importe, nous sommes en Alaska et il nous reste encore un peu plus d’une dizaine d’heure de soleil devant nous.

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Coupant à travers les landes pour regagner le sentier, nous découvrons d’autres lacs, plus esthétiques, mais où le Denali, caché par une protubérance, ne s’y reflète pas. Nous gagnons peu à peu de l’altitude, les dernières touffes d’herbe cèdent devant la présence minérale. Le paysage est presque lunaire lorsque nous rejoignons un petit col donnant sur la vallée parallèle. Le long de la crête, une mère ptarmigan surveille sa couvée, composée de sept petits volatiles dodus. Leur ramage couleur pierre est un camouflage presque parfait, je serais passé à côté sans les apercevoir, si la femelle ne s’était pas envolée lorsque j’ai failli lui marcher dessus.

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Une petite rivière coule vivement, alimentée par l’eau de fontes des derniers névés en ce chaud après-midi de juillet. Peu en amont des trois pierres formant le gué, une casacade se termine en une petite dépression. Eyal et moi ne résistons pas à l’envie de s’y glisser. La fraîcheur garantie est plaisante sur nos muscles fatigués.

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Une bonne heure plus tard, nous attaquons la descente. Un groupe de randonneur nous averti qu’ils ont croisé une mère ourse avec deux petits, l’un ayant grimpé sur un arbre, au début de la montée et marqué l’endroit avec un ruban rose. Laissant un dernier lac sur notre droite, nous nous enfonçons dans les fourrés. Alessio saisit sa flute et ne cesse de jouer toute la descente. Si le son de l’instrument de bambou est joli, il commence à lasser après trois quarts d’heure. Quand enfin nous atteignons l’endroit marqué, un peu moins de deux heures plus tard, aucune trace de la présence d’un ours. D’un côté dommage, j’aurais bien aimé en apercevoir un, d’un autre la prudence veut que moins j’en vois, mieux je me porte.

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Arrivé à l’extrémité de la randonnée, nous sommes prêts à embarqué dans la voiture, lorsqu’Eyal découvrant que les camping-cars, autour de nous, appartiennent à des familles de state troupers – les policiers de l’état –, prends peur préférant faire de l’autostop. Nous essayerons bien de le convaincre, qu’en vacances les policiers ont des choses mieux à faire que d’amender une équipe de randonneur qui roule à six dans une voiture, avec deux chiens en sachant pertinement qu’ils possèdent un deuxième véhicules une demi-douzaine de miles plus loin. Rien n’y fait, refusant d’embarquer devant eux, nous le récupérerons deux cents mètres plus loin le long de la route. Le plus comique sera notre arrivée à l’autre parc, lorsque nous découvrons d’autres familles de state trooper y camper.

Sur la route du retour nous nous arrêtons à la 49th State Brewery à Healy. J’avais déjà entendu parler de cette brasserie, ouverte uniquement en été, où les burgers sont excellents. Attablé dehors, profitant encore du soleil, j’admire un bus, la copie conforme du célèbre magic bus d’Alexander Supertramp. L’attente est un peu longue, mais je ne suis pas déçu par le burger, le plus grand que je n’ai jamais dégusté en Alaska; ni par les chips, croustillantes à souhait et encore moins par la bière, la Solstice IPA, houblonnée à merveille. La steak salad d’Andy semble tout aussi déliceuse. Lorsque le serveur s’enquit de notre bonne chaire, Andy remarque que le steak est légèrement trop cuit. Après avoir fait la commission au chef, le serveur revient 10 minutes plus tard avec un deuxième saignant, ajoutant devant nos mines ahuries qu’il préfère des clients heureux et bien nourris.

Je dois l’accorder à Andy, Kesugi Ridge est une des plus belles ballades que j’ai effectué en Alaska. L’omniprésence du Denali est tout simplement merveilleuse.

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