Glacier Gap Lake

7 août 2013, 113 Roxie Road

A l’instar des semaines précédentes, le paysage matinale apparaît complètement sous le soleil brillant sur un fond céruléen. Une douce chaleur baigne la vallée alors que nous nous mettons en route. Nous suivons un sentier tracé par les caribous entre pierriers et prairies. Tout en longeant la côte sud du lac, je ne cesse d’observer l’eau transparente, presque cristalline de Sevenmile Lake. Sans un mot, nous avançons dans ce paysage merveilleux. A mi-chemin, là où hier soir un caribou avait traversé le lac en nageant, nous découvrons une petite rivière, sautillante entre deux rochers avec cascade et marmite. Le lieu semble bien plaisant pour y venir planter sa tente et grimper de part et d’autre de la vallée jusqu’au sommet des becquets.

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Laissant dernière nous les rivages accueillants de Sevenmile Lake, nous nous avançons maintenant à travers la large cluse amenant à Glacier Gap Lake. Quelques fourrés de gauche à droite, un sol légèrement marécageux parsemé de rochers, la progression se fait légèrement plus lente. Afin d’éviter les zones humides qui semblent se dresser à l’intersection des deux fourches d’un court d’eau, nous gagnons une protubérance au centre de la vallée. Bonne idée, mauvaise idée, difficile de savoir, tant les environs de part et d’autre de notre petite colline sont marécageux. Sur notre droite s’élève deux cabanes de castor au milieu d’une étendue d’eau douce.

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Finalement, les souliers à moitié enfoncer dans la boue, à moitié soutenue par les branches des arbrisseaux, nous atteignons le versant de la vallée sur notre droite. Grimpant un peu plus haut sur les flancs, nous arrivons sur une piste d’ATV, absente des anciennes cartes. Nous ne refuserons pas ce facile moyen de regagner Denali Highway. Notre rythme s’accélère sur cette piste de terre battue, et nous voici déjà à l’extrémité de Glacier Gap Lake. Depuis quelques kilomètres, nos estomacs se sont réveillés et ne cessent de s’affirmer de plus en plus bruyamment. Arrivé au sommet d’un promontoire dominant le lac, nous nous arrêtons pour nous restaurer.

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Après avoir langui un long moment au soleil, nous nous remettons en chemin. Une bonne heure plus tard, alors que nous pensions que la piste rejoignais le bord du lac, cette dernière semble continuer à flanc de montagne. Nos réserves d’eau touchant à leur fin, nous coupons à travers un léger bush jusqu’au bord du lac pour s’approvisionner à nouveau. Une demi-douzaine de personnes y sont présents avec cinq véhicules tout terrains; trois d’entre eux, de l’eau jusqu’à mi-cuisse pêche à une dizaine de mètre de la rive. Tout en pompant et filtrant l’eau, nous discutons. L’un deux nous affirme avoir péché l’un des derniers poissons du Lac, et le seul de la journée: au vue de sa taille il doit y avoir une dizaine d’année. N’imaginez pas la belle prise d’une cinquantaine de centimètre, au milieu de l’Alaska, l’eau est fraîche, la saison estivale courte, et un piscidé ne grandit que très rarement de plus d’un pouce par année.

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Notre soif étanchée, nous poursuivons notre chemin. Au souvenirs de notre lecture, la piste ATV devrait descendre et zigzaguer entre les lacs et marais. Arrivé à une intersection, l’un des écriteaux indiquent que les ATV doivent suivre le chemin grimpant dans les colline et semblant faire un long détour, l’ancien itinéraire n’étant plus praticables en raison d’un sol à haute valeurs archéologique. Piéton, nous nous suivons l’ancien chemin qui au pied de la colline se perds dans le marais. Le tracés, inusité par les véhicules tout-terrains a finit par disparaître. Après un instant d’hésitation, Andy d’un pas décidé s’avance. Après quelques pas, il s’enfonce jusqu’au genou avant que son pied ne rencontre un sol ferme. Il continue et nous lui emboîtons le pas. Il s’ensuit une heure de marche à travers les marais, parfois nos semelles reposent à la surface de l’herbe touffue, parfois nos pieds s’enfoncent dans le sol tourbeux.

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Arrivé face à un lac, Andy poursuit sur sa lancée. Il s’approche du bord, continue. L’eau lui arrive à peine à mi-mollet. Nous le suivons, nos souliers sont imbibés d’eau mais qu’à cela ne tiennent d’ici une petite heure nous aurons regagné Denali Highway. Par ailleurs, le paysage est magnifique, avec ces montagnes se reflétant dans le marais, ceint par des roseaux. Avec humour, nous plaisantons de l’humidité ambiante. Mandy, originaire de Floride, se sent presque comme chez elle, surtout que sa dry cabin à Fairbanks est aussi située au milieu d’une zone marécageuse. Arrivé de l’autre côté, une demi-heure de marche nous amène jusqu’à une dernière rivière à franchir.

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Sur le parking, nous retrouvons les pécheurs de Glacier Lake. L’un deux se propose d’amener l’un d’entre nous jusqu’à notre voiture. Mandy monte en croupe sur l’ATV, d’ici une trentaine de minutes il devrait être de retour. Entre temps, un autre pécheur nous offre à Andy et moi une bière bien fraîche. Il n’y a qu’en Alaska que l’on peut avoir à la fois un taxi pour rejoindre sa voiture et la bière pour patienter. Depuis mon arrivée je ne cesse d’être impressionné par la gentillesse et la serviabilité des Alaskiens. Encore une occasion qui ne manque pas à la règle.

Sur le chemin du retour, je profites des magnifiques couleurs de la fin d’après-midi pour observer le panorama que ce soit Gulkana Glacier ou encore Rainbow Mountain.

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