Pinnel Trail J2

11 août 2013, 113 Roxie Road

Nous entendons le vent souffler dehors. Bien à l’abri de la tente nous discutons. Les minutes passent. Harassés par la longue marche, le sommeil est le bienvenu. Dehors, les bourrasques se font plus violentes, la tente tremble sous les assauts du vents. Ce dernier a changé de direction, Pinnel Mountain ne déroute plus les rafales, notre abris subis les attaques de plein fouet. Je rajoute deux tendeurs, étarques les autres en espérant que cela soit suffisant. Nous dormons à peine, les piquets grincent, les tissus claquent. Je sors à nouveau, pose des pierres sur les ancrages en espérant que ces dernières soient suffisamment lourdes pour empêcher tout mouvement. Sans espoir, les quarts d’heures passent et nous sommes toujours à moitié éveillés. 3h00, ni l’un, ni l’autre n’a véritablement dormi. Tous deux attendons que la tente s’effondre à un moment ou un autre. 3h30, elle tient toujours. Dehors je tends à nouveau les haubans. Le vent est telle que j’ai l’impression que la température a chuté d’une quinzaine de degré. 4h30, je n’ai pas vu le temps passé. Assommé par la fatigue je me suis endormi une bonne demi-heure.

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Dehors, les premières lueurs de l’aube pointe. Les rafales se font plus violentes, presque discontinues. 5h00, Christina et moi décidons de mettre fin à cette nuit. Pour elle, comme pour moi il s’agit de la plus horrible nuit. Même par temps d’orage et de forts vents, j’ai toujours mieux dormi sur un voilier, malgré le cliquetis des bouts et des mats. Le temps de plier la tente, avaler un chaud porridge pour le petit déjeuner, déglutir du thé chaud et nous voilà en route. Il est tout juste six heures quand nous arrivons au pied de Porcupine Mountain.

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Nous parcourrons 9 miles en un peu moins de 3h00, dans la froidure matinale, exacerbée par un fort vent. Sous un ciel nuageux, plombé, une faible odeur de fumée titille nos narines. A moitié endormi, nous marchons mécaniquement, posant un pied devant l’autre, sans discuter. A l’Est, le lever de soleil est magnifique, il embrase l’horizon, amène quelques couleurs dans un ce paysage grisâtre, où les White Mountains semblent encore plus monotone que hier. Dans le lointain la ligne claire de la Stesse Highway se découpe dans les collines. De temps à autre un nuage de poussière indique le passage d’une voiture. Encore trop tôt le matin, les voitures sont peu nombreuses. Encore un mile avant d’arriver à la route et achevé Pinnel Trail, nous songeons déjà à prendre un peu de repos tout en attendant qu’une voiture veuillent bien prendre l’un d’entre nous et le ramener au point de départ. A quelques centaines de yards, nous voyons les volutes beiges d’une voiture, sans hésiter nous coupons à travers la toundra, courrons jusqu’à la route.

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Hors d’haleine, la langue pendante, le pouce levé, un énorme truck bordeaux passe devant nous, sans ralentir. Nous n’avons que le temps de penser “raté”, que le véhicule s’arrête et revient en marche arrière. Un couple de retraité nous invite à monter, Christina, Nunatak et moi. Une demi-heure plus tard, nous voilà de retour à Twelve Miles Summit, il est un peu plus de 10h00. Tous deux éreintés, ne songeons qu’à rentrer de la manière la plus directe à Fairbanks.

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