Retour par Quartz Creek

8 juillet 2013, 21h50, 113 Roxie Road, Fairbanks

Une fois de plus, j’ai encore raté le lever du soleil. Peut-être aurais-je dû veiller une petite heure de plus, mais hier soir je n’étais pas d’humeur à affronter les moustiques. Sitôt sous la tente, la délicate sonorité des claquettes d’une légère pluie m’a bercé; il me faudra quelques minutes pour constater que ce son est simplement le bruit de moustiques venant s’écraser sur la protection extérieure de la tente. Morphée m’a emporté dans ses bras.

Le large col où le camp a été monté resplendit sous les couleurs du soleil matinale. A peine le réchaud allumé, une nuée de moustiques gravitent autour de la casserole. Les moustiques sont attirés premièrement par le dioxyde de carbone émis par les êtres vivant, ou la combustion d’un carburant puis se repère à la chaleur et à l’humidité. Le but des produits anti-moustiques n’est pas de tué l’insecte, mais de tromper ses senseurs. Fin de l’aparté scientifique. Andy quitte sa chrysalide synthétique alors que Nick et moi avons déjà démonté notre tente, préparé nos sacs et bien entamé le petit déjeuner. Constant mon efficacité, il se fend d’un “Je comprends mieux maintenant pourquoi les autres (sous entendu, Simon, Sarah, Eyal, nos amis communs) te trouve plus Suisse que moi”.

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Nick, vu l’état de ses chaussures, et Andy, avec le début de quelques cloques, décident de rentrer par Nome Creek, le même itinéraire que hier, tandis que je me mets en route, direction Quartz Creek, une petite rivière qui s’écoule dans une vallée parallèle de l’autre côté du col. La traversée du col est des plus enchanteresse avec la découverte d’un étang, d’un majestueux et épais névé se jetant dans un petit lac, de deux mouflones de Dall avec un chevreau. Même si je n’ai quitté mes compagnons que depuis une demi-heure, je me sens comme seule au milieu de nulle part. La nature m’enseigne rapidement les règles de base, des plus évidentes : le chemin le plus rapide, n’est pas forcément le plus court. Essayant de traverser en ligne droite, je m’enfonce littéralement dans un terrain marécageux. Revenant sur mes pas je rejoins d’abord le coteau sec de l’autre côté du val, avant de longer le flanc de la montagne.

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Arrivé dans Quartz Creek Valley, je rejoins une piste ATV (All Terrain Vehicle), un large sentier composé de terre battue et de caillasses, entretenu par le passage régulier des quads. Bien que j’avais lu la présence d’une telle route dans le descriptif de la randonnée, je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit marquée autant que cela. Si la ballade perd un peu de son côté magique, je marche sur un rythme accru. En amont, la montagne et ses petits vallons ne sont pas aussi photogénique que hier. En regardant vers l’aval, la toundra s’étend depuis loin à l’horizon jusqu’au petit canyon verdoyant où s’écoule Quartz Creek. Le tracé caillouteux s’enfonce dans une forêt de conifère. La première que j’observe qui n’ai pas brulé, comme celle de Granite Tors ou Chena Dome. Quelques sapins éparses dans les hautes herbes annoncent un bois dense, où les branches s’entrecroisent. Me rappelant de la leçon apprise à Angel Rock, je m’adresse à un ours imaginaire. Chantant quelques rengaines sur un air désaccordé, racontant des histoires à haute voie, si un ursidé se balade dans les parages, nul doute qu’il serait averti de ma présence.

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Après avoir traversé un petit ru, j’affronte la côte qui m’amène jusqu’à la crête de la montagne, avant de redescendre dans Nome Creek Valley. Alors que je marche le long de la route pour rejoindre le parking de départ, Nick et Andy me rejoigne avec la voiture. Nous n’aurions pu espérer d’un timing plus parfait. Avant de nous engager sur la Steese Highway, nous nous arrêtons pou observer l’ancien aquifère rouillé.

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De retour en fin d’après-midi, je rejoins Aino et Caroline dans le centre ville de Fairbanks pour le Midnight Sun Festival, un demi-journée de festivité qui commence à midi pour se terminer à minuit. Ma plus grande surprise est de découvrir que même lors d’une fête la prohibition américaine est de rigueur, pas une bière ou une boisson alcoolisée n’est visible à l’horizon. Moi qui rêvait d’une bonne bière fraiche tout en déambulant entre les stands, j’en suis pour mes frais.

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