Kayak de mer

This entry is part 5 of 7 in the series Christmas break 2013

Si la veille les prévisions météorologiques nous avaient fait renoncé notre expédition en kayak, ce matin les dernières nouvelle sont plus encourageante: le coup du vent du Nord est repoussé d’un jour, les vagues ne devraient s’élever qu’à 2 pieds, au lieu des 6 prévus, et la vitesse du vent chute de 20 à 10 nœuds. Bref, malgré le réveil tardif, nous prenons la décision de partir à l’aventure. Il est temps de se démener pour empaqueter nos provisions, préparer nos sacs, nous changer, … Peu après 13h00, Rick nous aide à charger trois kayaks sur sa remorque et nous emmène jusqu’à une grève situé peu avant Fourth of July creek. Il est presque trois heures quand finalement, assis dans nos kayaks, nous commençons à pagayer en direction de Thumb Cove, distant d’une demi-douzaine de miles.

Resurection Bay, vu depuis Fourth of July Creek
Resurection Bay, vu depuis Fourth of July Creek

Première expédition en kayak de mer. Une fois habitué au léger balancement du bateau, je file doucement sur la surface légèrement agitée de la baie. Alors que nous longeons la côte sous une pluie intermittente la luminosité décroit peu à peu, l’eau se pare d’une couleur plus plombée, dont la teinte souligne l’anthracite des roches et des grèves, contrastant avec le couronnement immaculé du manteau neigeux. Les sapins, perdant leurs éclats verdoyants, se dressent tels des myriades de gardiens, verticaux, ancrés sur les flancs des monts abruptes. Peu à peu nous nous approchons de notre destination, Thumb Cove se cache derrière une derrière pointe qui surgit peu à peu des brumes. Sur le rocher, un feu clignotant signale sa présence, de l’autre côté de l’anse, l’on distingue la rive sur laquelle se dresse la cabane.

Eyal et Simon
Eyal et Simon

Les vaguelettes initiales se sont transformées en un clapot marqué, rappelant celui lever par la bise lorsqu’elle se pose sur le Léman. Simon et Eyal filent joyeusement; pour ma part, je peine un peu plus. L’étrave moins élancée de mon kayak, le plus court des trois, se plante régulièrement dans l’une ou l’autre vague, m’obligeant à relancer mon navire d’un coup de pagaie plus vigoureux. Lorsque j’avais annoncé peu avant Noël partir pour un excursion en Kayak pour le Nouvel An, beaucoup de gens m’avait regardé d’un air étonné: et le froid, y-as-tu pensé? l’humidité, as-tu une combinaison sèche? Nous avions estimé devoir affronté des températures négatives et sans doute pagayer sous la neige, mais voilà, aujourd’hui nous ramons sous une pluie parfois battante. L’eau ruissèle sur ma combinaison de voile, les gouttes rebondissent sur l’eau de la baie, l’étrave soulève de petites gerbes d’embrun. Et j’ai chaud, au vu des températures je m’étais vêtu légèrement, avec deux couches, mais une seule aurait suffit amplement.

A la nuit tombée
A la nuit tombée

Et voilà, nous arrivons à la pointe marquant l’entrée dans la anse. Nous laissons sur bâbord le feu blanc scintillant du Bluff et glissons en direction de l’autre rive. L’obscurité s’est emparé du paysage, nous visons la grève, dont la ligne claire du manteau neigeux se distingue entre la masse sombre de l’eau et de la forêt. La marée baisse laisse place à une longue et large grève, la cabine est rapidement repérée, située à une cinquantaine de mètre à l’intérieur de la forêt s’étendant au sommet de l’estran. Une fois les kayaks déchargés, nous les amenons en lieu sûr au milieu des arbres. Eyal et Simon s’occupe d’allumer le feu dans le fourneau et d’agencer l’intérieur, tandis que j’arpente les environs en quête de bois mort. Impossible de dire sec, car tout est détrempé par la pluie de cette après-midi. La neige est une véritable sluch qui contient son pesant d’eau. Remontant la rivière encore gelée, je trouve de gauche à droite quelques troncs de petits diamètres, sans doute flottés par quelques intenses précipitations. Une bonne heure de travail et nous voilà en possession de suffisamment de bois pour la nuit. Il ne reste plus qu’à le aire sécher sur le fourneau ronronnant.

Ragoût de Nouvel-An
Ragoût de Nouvel-An

Alors que nous dégustons un bol de soupe chaude, la température ne cesse de s’élever séchant nos vêtements. L’atmosphère devient saturée en eau, les vitres se recouvrent de condensation, ruisselant sur le rebord. La pluie fait des claquettes, pour reprendre l’expression de Nougaro, qui résonnent dans l’espace boisé. L’odeur de la viande grillée et des oignons revenus emplit la cabane. Je jette dans la casserole une julienne de carottes et de cèleri. D’ici deux bonnes heures , le ragout aura sans doute assez mijoté. En attendant, nous prenons l’apéro : guacamole accompagné de son coup de rouge. Eyal nous apprends le Yaniv, un jeu de carte juif. Peu à peu, nous ajoutons quelques nouvelles règles à celle issus du souvenirs incomplet d’Eyal. Le fumet du ragout nous met l’eau à la bouche, le temps de cuire les patates, préparer la purée, ajouter un beurre manié dans la sauce pour la liée et nous voilà attablé pour le repas de réveillon, bien au chaud dans une cabine, perdu dans la forêt sur la côte alaskienne. Un véritable rêve. La soirée s’écoule tranquillement entre différentes parties de Yaniv, de coups de rouge en Irish Coffee, … Soudain Eyal disapraît, peu de temps après des ronflements émanent de l’une des couchettes. Simon et moi restons éveillé, il apprends le jass. Finalement, nous passerons dans la nouvelle année sans même nous être rendu compte. Peu avant 2h00, nous gagnons à notre tour nos sacs de couchage pour un repos bien mérité.

 

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