Thumb cove

January 2, Porcupine Cabin, Resurrection Bay, Kenai Peninsula
Pluvieux, nuage 10/10, vent 10/25 noeuds

Toute la nuit, il n’a pas arrêter de pleuvoir. Au lever, la température a un peu chuté, dehors elle doit être juste en dessus de 0°C. Une flambée réchauffe rapidement la cabine.  A déjeuner, omelette baveuse, suivi de pain, beurre et confiture, le tout arrosé de café. Alors que Simon décide de rester à la cabine, calfeutré au chaud, tel un chat, Eyal et moi nous nous équipons pour une petite virée en kayak. La météo pluvieuse n’est guerre engageante, mais la proximité de l’eau, l’appel de l’océan est bien plus forte.

[singlepic id=798 h=450 float=center]

Nous longeons la longue grève, jusqu’à l’autre extrémité où se trouve une deuxième cabine, surplombant un chenal qui se remplit lentement d’eau salée à mesure que la marrée monte. Un peu plus loin, je découvre une pittoresque chute d’eau, alors que la pluie tombe sous la forme de gouttelettes solidifiées. Nous glissons entre deux rochers affleurant la surface, j’observe les troncs déracinés, cassés, explosés par les avalanches qui dévalent des cimes jusqu’à l’océan, qui reposent pêlemêles sur la rive. Sous l’effet combiné de la marée haute et le houle entrant dans la baie, les arbres en lisière de forêt sont immergés dans l’océan. Nous nous aventurant entre les sapins, serpentant entre les branches et des amas de neige flottant tels de petits icebergs.

[singlepic id=803 h=450 float=center]

Un peu plus loin nous atterrissons. Je dois reconnaitre que je n’ai guère la maîtrise pour surfer sur la vague et me poser délicatement sur la grève, puis bondir hors du cockpit pour tirer le kayak hors d’attente de la prochaine vague. Sans Eyal, sans doute serais-je quelque peu humidifié. Nous remontons de quelques centaines de mètres une rivière encore à moitié gelée pour arriver jusqu’à une cascade, drapée de glace. Après avoir longer la rive abrupte bordant le côté nord de la baie, nous retournons à notre point de départ.

[singlepic id=806 h=450 float=center]

Rien n’a changé depuis hier, si ce n’est que la neige a fondu, que la surface des ruisseaux s’est dégelée : l’eau de pluie s’écoule, formant un mélange de glace fondue et de neige détrempé, dans lequel je m’enfonce d’une vingtaine de centimètres à chaque pas. L’eau goutte joyeusement du toi, rigolent dans les deux drains. De la fumée s’échappe de la cheminée, s’amasse en volute, ne s’élevant que lentement. Eyal et moi nous nous mettons en quête de bois pour la nuit, car le frouze, n’écoutant que son petit côté paresseux, rêvant sans doute de son Esmeralda – le Notre-Dame de Paris trônant sur la table – s’est adonné à la far niente. A l’heure du crépuscule, l’air de la cabine est devenue aussi moite que hier: baguel, saumon, cream cheese sont au menu des quatre heures. Le nouveau bulletin météorologique annonce 96% d’humidité relative et 35°F à Seward, et prédit un vent du Nord soufflant à une dizaine de nœuds, une mer de deux pieds pour le lendemain, puis de 15 noeuds et 3 pieds pour le jeudi dans la journée.

[singlepic id=810 h=450 float=center]

La fin de l’après-midi se déroule tranquillement entre lecture, écriture, … Eyal s’adonne à sa chaîne d’activité favorite : manger, puis dormir et grignoter, et se reposer, … Même moi qui est un solide appétit, je me demande si Eyal ne serait pas muni d’un trou noir à la place d’un système digestif. Simon et moi reprenons notre partie de Jass. Hier soir, il ne cessait de s’étonner de ma chance. Selon l’expression populaire, j’avais le cul bordé de nouille. Aujourd’hui, il est encore plus dégoutté par ma légendaire bacarra – ma famille et mes camarades du militaires peuvent témoigner que j’ai toujours eu la gueule ouverte au jass – . Par deux fois j’ai échappé de justesse à la pomme graĉe à des annonces, alors qu’il disposait d’une main magnifique. Il refuse maintenant de jouer avec moi et déconseille à Eyal de jouer avec moi, avec tout jeu où le hasard joue un rôle important.

[singlepic id=799 h=450 float=center]

Comme hier soir, la soirée s’écoule tranquillement, domino, yaniv, poulet et riz pour souper, arrosé d’un coup de rouge pour souper. Un café et du Ragusa pour le désert. La vie pourrait être bien pire.

[nggallery id=20131230 template=player  images=0]

Series Navigation<< Kayak de merSandspit Point >>

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *