Fondue arctique

This entry is part 2 of 7 in the series Field trip 2014

13 janvier 2013, 19h27h40
Barrow, UIC-NARL, Hut n°171
Claire,  -21°F (-29°C), léger vent NW9 nœuds

14h00, toute l’équipe, Josh, Megan, Eric, Brandon, Kyle et moi sommes fin prêt à partir en excursion sur la glace de mer. Avec une vingtiane de degré en moins que l’année dernière et un chouilla de vent en plus, tous nous nous équipons avec de chaud habits. Accompagné de deux bear guards, montés sur quatre motoneiges, l’une d’entre elle tirant la luge emportant notre équipement, nous voici en chemin. Au bout d’une dizaine de minute, nous arrivons à la hauteur de la fin de la route et nous nous élançons sur les étendues glacées. Au Nord-Est, le disque lunaire après avoir atteint son périgée s’élève à nouveau dans les cieux. Alors que l’année dernière, nous avions trouvé une vaste étendue plane, séparée de la côte par un large bande de glace des plus accidentées, aujourd’hui nous découvrons plusieurs étendues planes séparées par de petites crêtes et autres aspérités. De même cette année, l’abondante neige pour Barrow – 10 centimètres – recouvre la glace, arrondi les aspérités, remplis les trous, rendant le trajet bien plus agréable.

Kyle Dilliplaine, prêt à partir sur le terrain
Kyle Dilliplaine, prêt à partir sur le terrain

Quatre trous sont percés dans le premier site pour en déterminer homogénéité. L’épaisseur atteint 75 centimètres de moyenne avec  une variation de 3 centimètres sur un périmètre d’une demi-douzaine de mètre. L’analyse d’une carotte extraite sur les lieux, présente une croissance homogène avec une trentaine de centimètres en surface composée de frazil ice, surmontant de la glace colonnaire. L’endroit est toutefois situé proche de la côte, et nous ne pouvons pas négliger d’éventuelle mouvement de dérive qui pourrait fracturer la glace dans les environs, ainsi que la présence de sédiment en raison du faible tirant d’eau. Bref, nous décidons de sonder un deuxième site, situé plus au large. L’épaisseur est d’environ 77 centimètres, avec une variation de 2.5 centimètres dans un rayon d’une douzaine de mètres. L’endroit semble idéal, il ne reste plus qu’à attendre qu’Eric, Kyle et Brandon ait finit d’extraire leurs carottes pour des fins d’analyse biologiques avant de pouvoir utiliser l’ice corer [instrument permettant d’extraire les carottes de glace] à notre tour. En attendant, nous discutions avec notre bear guard, qui nous raconte s’être inscrit pour l’Irondog, une course de motoneige qui couvre près de 1000 miles en une semaine, au travers de l’Alaska, d’Anchorage à Fairbanks en passant par Nome. Finalement, alors que le crépuscule s’est évanoui depuis bien longtemps, j’extrais la dernière carotte de la journée, qui ne révèle rien d’anormale. Nous avons trouvé l’emplacement où se dressera la MBS pour l’hiver 2014.

A la nuit tombée
A la nuit tombée

De retour au Theatre, nous rinçons l’équipement utilisé pendant la journée pour éviter que le sel de mer ne corrode les métaux. Alors que Kyle, Brandon et Eric gagne le BARQ pour commencer l’analyse de leur échantillon, Josh, Megan et moi regagnons notre hutte. Le temps de traiter quelques données, puis il est temps de préparer le souper. Au menu du soir, fondue, que j’avais importé de mon dernier passage par la Suisse et vin blanc. Après celle que j’avais partagé avec BJ et son épouse je me faisais un peu de soucis sur les quantités, car il ne me restait que deux paquets et un peu moins d’un quart. Dans le petite caquelon que m’a prêté Maite, j’arrive à fondre tout juste l’un des paquets, ne me faisant guère de soucis de fondre le deuxième à mesure que nous mangeons le premier. S’ils ont tous attaqués avec une grande joie, trempant avec ferveur le morceau de pain dans la fondue, je les ai vus calé les uns après les autres. Seule Megan se dressaient encore fièrement à l’heure où les ails ont fait leur apparition à la fin. Bref, sur les 800 grammes de fondue, je peux considérer, en étant gentil, que j’ai mangé un tiers: il semblerait donc qu’un peu plus de 100grammes suffisent à rassasier un américain. Je vous l’accorde, ils n’ont guère le sens des proportions et ne savent pas optimiser le ratio surface/volume du pain pour jouir d’un maximum de fondue avec un minimum de pain. Mais bon, si je ne fais pas honte à mes origines, je les ai trouvé quelques peu petits mangeurs.

A part cela, il y a encore un tartuffo en désert.

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