Installation de la MBS (suite)

16 janvier 2013, 22h39
Barrow, UIC-NARL, hutte n°171

Claire, -37°C, vent WNW 6 noeuds

J’aurais bien voulu vous faire partager le travail du jour avec un timelapse, mais les -34°C que nous avons affronter aujourd’hui sur la banquise n’ont laissé aucune chance à mon appareil photo. Après une petite heure et demi, le voici qu’il est figé dans l’immobilité pour le restant de la journée. Rassurez-vous, ce soir il fonctionne à nouveau.

Le disque lunaire brillant dans sa robe orangée au-dessus d’une vaste étendue glacée baignée dans le bleu nocturne. Tel est le paysage magnifique qui régale mes yeux depuis le début de la semaine. Ce paysage qui j’observe chaque jour peu avant que nous partions en motoneige pour le site de la MBS, peu après l’heure de l’apéro (11h00, pour les incultes).

Lever de lune
Lever de lune

Au menu du jour, Josh essaie toujours de régler le problème des pingers, tandis que Megan et moi poursuivons l’installation de la MBS et des chaines d’électrodes. Sur site, j’aide Megan a extraire la première carotte. Alors que nous nous apprêtons à mesurer la température, l’écran LCD du thermomètre ne s’allume pas alors que nous pressons à plusieurs reprises l’interrupteur. Après 5 minutes mis à réchauffé à la sortie des gaz d’échappement de la motoneige, l’une ou l’autre ligne s’illuminent quelques peu, mais sitôt éloigné de la source thermique, il retrouve son état initial. Bref, nous n’en retirerons aucune mesure. Le deuxième carottage s’effectue sans aucun soucis. Pendant que Megan s’occupe de tronçonner l’échantillon en cylindre de 5 centimètres, je m’occupe de contrôler le bon fonctionnement de l’éolienne et des batteries.

Dépaquetage des luges sur le lieu de travail
Dépaquetage des luges sur le lieu de travail

Un impondérable n’arrivant jamais seul, le témoin lumineux qui devait s’allumer sur le régulateur de courant, situé entre l’éolienne et les batteries, ne s’allume, signifiant qu’aucune liaison existe entre les deux. Bref, je me retrouve a démonter l’électronique, déplacer le régulateur de courant de la boîte au pied de l’éolienne pour le brancher directement sur une des batteries. Miracle, le témoin s’allume, le régulateur n’est pas mort. Rebrancher à l’autre extrémité, après avoir contrôler les polarités, rien ne fonctionne. Par moins de -30°C, un petit vent (sensation de froid de -45°C), je travaille la moitié du temps avec uniquement les liners, ces petits sous-gants tout fins, qui ne tiennent guère chaud, mais protège de tout collage avec le métal glaciale. Mes extrémités ont froids, définitivement, j’haï les problèmes d’électronique en milieu arctique.

Pendant ce temps, il est temps d’extraire la troisième carotte. En fin d’après midi la température a encore chuté de quelques degrés. L’ice corer s’enfonce peu à peu, lentement mais surement. Soudain, en moins de deux secondes, voilà que la rotation de l’ice corer s’arrête, non pas que la perceuse est tombée en panne, mais elle n’a tout simplement pas la puissance pour l’entrainer, ni dans un sens, ni dans l’autre. Le glas d’un ice corer planté dans la glace jusqu’au printemps nous survole. Cette mésaventure est arrivée l’année dernière à Greg, l’un des autres étudiants d’Hajo, et l’histoire est resté gravée dans les annales. Bref, après avoir tenté avec l’aide de notre bear guard de la retirer, mais sans succès, je me rue vers la luge, récupère le “T” manuel, le fixe à l’extrémité du ice corer à la place de la perceuse. A la une, à la deux, peu à peu nous manœuvrons linstrument et au bout de cinq minutes d’intenses efforts, le voici hors de la glace. Pfou! La journée de travail est terminé : une demi-carotte est gelée dans l’ice corer et impossible de le dégeler sur le terrain. Le temps de ranger les affaires, de récupérer les batteries, le régulateur et le câble d’alimentation et nous voilà de retour au Theatre, après avoir bien peu avancer dans l’installation de la MBS.

15h00 : bien peu d'avancement sur le site de la MBS
15h00 : bien peu d’avancement sur le site de la MBS

Alors que nous rangeons nos affaires, l’équipe de biologiste arrive: Brandon et Kyle ont, eux-aussi, presque gelé leur ice corer, mais ont pu le sauvé en utilisant la poignée manuel. La fin de l’après-midi se termine avec une débattue aux pieds, telle que cela ne m’était pas arrivé depuis bien longtemps. Un des orteils présentant même une extrémité quelque peu bleuie mettra deux bonnes heures avant de se réchauffer et me procurer d’intense piquotement dans le pied. De même, l’extrémité de mes doigts sont quelques peu super-sensibles jusqu’au bout de la nuit. En attendant, Josh et moi trouvons la source de nos problèmes: tant les câblés des snow-pingers que le câble d’alimentation possède des connectiques fautives. Un fer à souder, une bonne heure de travail et voilà que tout fonctionne à nouveau. Field work de janvier, en plein arctique, je t’aime, même si parfois cet amour est douloureux. Souper, longue discussion,un petit passage par le Theatre pour préparer la journée du lendemain, dernière du field work, et au lit après avoir sacrifié au café de 23h00.

 

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