Chasses à l'élan

  • Chasses à l'élan

21 janvier 2014
Fairbanks, 113 Roxie Road
Nuageux 3/10, -5°C

Nous voilà déjà au milieu de l’hiver et je n’ai guère eu le temps de remonter dans le passé pour raconter la suite de mes aventures en Suisse et celle à mon retour en Alaska. Il est de vous compter une petite histoire. Celle-ci je la dédie à Julien, car il la mérite.

Il y a quelques années en arrière, Gaby m’avait proposé de l’accompagner à la chasse sur les hauts de Erde. Ce fut pour moi une grande découverte, une nouvelle manière d’apprécier la nature. Depuis l’année-là, j’avais pris l’habitude d’y retourner régulièrement pour la chasse haute ou la chasse basse. Depuis cette année-là, j’étais devenu plus discret lors de mes randonnées et aussi plus attentif aux diverses sons et bruissements. Depuis cette année-là, il devenait rare de ne pas observer chamois, chevreuils ou autres gibiers lors de mes balades.

Depuis mon arrivée en Alaska l’année dernière j’ai goûté caribou, élan et canard sauvage; j’ai rencontré quelques chasseurs; j’ai ouï de nombreux récits. Rien à voir avec la chasse pratiquée dans nos montagnes, ici la nature est gigantesque. Entre ceux qui descendent une rivière pour chasser l’élan, ceux qui affrètent un avion pour gagner le milieu des Brooks Range, ou encore ceux qui espère, assis au volant de leur pick-up, gagné leur viande au bord de la route, il y en a pour toutes les couleurs.

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Nick, mon compagnon de balade hivernale et estivale, s’est procuré un macaron qui l’autorise à tiré soit un élan, soit un ours. Habitant à Two-Rivers, le principal terrain de chasse qu’il avait observé pendant l’été, de l’autre côté de Chena River est parti en fumée avec le gigantesque incendie de forêt. Il s’est rabattu sur les collines en arrière de la ferme où il vit. C’est décidé que je l’accompagnerai à la chasse pendant quelques soirées et ouikènnes, que l’on ferra boucherie chez moi – ma cabine étant plus grande –, en contrepartie je gagne la moitié de l’élan, soit quelques dizaines de kilo de viandes. Lors de mon passage en Suisse, j’ai acheté des chaussettes pour mettre la viande à sécher, j’ai glané quelques informations pour faire des saucisses, de la viande séchée entre les amis de maman, et Julien, un collègue de Valérie. Il ne reste que le plus dur à accomplir, attraper l’élan.

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Soirée après soirée, les fins de journées se ressemblent. Je quitte le campus, roule une vingtaine de miles pour rejoindre Nick à Two-Rivers et nous partons à l’affût. Les terrains de jeux seront de l’autre côté de la colline, que nous gravissons avec un quad, avant de descendre de l’autre côté à pied, à quelques miles de sa cabine, ou près d’une autre rivière à mi-chemine entre Fairbanks et la ferme. Soirée après soirée, nous commençons l’affût de bonne heure, peu après 18h00, et nous le terminons qu’après la nuit tombée, lorsque la grande aiguille de la montre indique passé 22h00. Dans le silence le plus complet, pas âme qui vive auprès des étangs, pas l’ombre d’un élan, même d’une femelle.

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Un jour, lors d’une marche d’approche, nous avons bien aperçu une femelle avec son petit, puis une autre femelle, mais aucune trace du mâle. Tous deux nous imiterons le comportement de l’élan en rûte, meuglant dans un appeau, frottant des morceaux de bois, mais rien n’y fait, l’horizon reste définitivement désert. Un soir nous trouvons un endroit idéal, surplombant deux étangs perdus au milieu de la forêt, des traces récentes – moins de deux jours -. Nous reviendrons à l’affût plusieurs soir d’affilée, mais sans succès.

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Même si au cours de ces nombreuses soirées, nous ne verrons pas la trace d’un mâle, et que très rarement d’une femelle. J’apprécie ces virées crépusculaires. Les couleurs automnales sont magnifiques, les senteurs incroyables, et nous nous gavons des dernières myrtilles, complètement flétrie. Entre pluie et beau temps, chaque jour le paysage change. Si lors de l’approche nous avons peu traverser la rivière sans soucis, alors que nous revenons le soir, les flots ayant grossis nous forcent à trouver un autre passage. De temps à autre, nous marchons sur de vague étendue d’herbes et de mousses flottant à la surface d’une lentille d’eau. Lorsque les racines lâches, lorsque le sol se désagrège, nous nous enfonçons jusqu’au genou. A l’instar de mon expérience valaisanne, la chasse me fait découvrir une autre facette de la nature.

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Au bout de trois semaines, nous ferons malheureusement choux blanc. Adieu veau, vache, cochon et autre bon gibier pour l’hiver. Nous tenterons de trouver au mois d’octobre un ouikènne pour partir chasser le caribou au delà des Brooks Range, mais tant Nick que moi furent des plus occupés. Aujourd’hui, nous planifions une nouvelle partie de chasse au mois de Mars, de l’autre côté de l’Alaska Range, au pied de Banarama Mountain. Le but, avoir quelques steaks de caribou pour l’été!

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Comments

  1. […] de rédiger les quelques récits manquant de  l’année dernière. Pour commencer, voici quelques anecdotes glanées au cours des trois semaines que durent la chasse à […]

  2. Magnifiques photos, ça donne vraiment envie 😉
    Sinon comment la RED HOOK PILSNER, ça a l’air pas mal avec le cadre grandiose.
    La recette pour le séchage et les ingrédients arriveront sans faute.
    Bonne journée.
    Julien

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