Un petit weekend tranquille

9 février 2014, 12h00
Sirius Dog Mushing, Emancipation road, Fairbanks
-22°C, ciel bleu, vent nul

La plume m’a démangé ce dimanche. Le temps de vous raconter quelques petites anecdotes d’un weekend, presque comme les autres, dans la nordique Fairbanks.

Vendredi soir a commencé doucement avec quelques bières au pub avec Marc. Puis tout s’est enchainé, Steve Brown and the Bailers, l’un des meilleures groupes de la scène fairbanksienne se produit ce soir au Pub – impossible de manquer cet évènement. Enfin, Simon, débarquant chez Eyal où nous mangeons une morce en compagnie d’Alessio, John le chasseur, …, nous propose de filer jusqu’à Ester pour une petite session de square dancing – impossible pour Marc de refuser une occasion pareil –. C’est ainsi que cette soirée, devenue quelques peu anarchiques, est l’une des plus fantastiques que j’ai passé à Fairbanks. Square dancing, l’une des façons traditionnelles de danser de l’ouest américain. Je suis des plus surpris en entendant la cheffe énoncer les pas, dont les noms proviennent du français : dos-si-dos, promenade, … Quelques nombreuses soirées seront encore nécessaires avant que je me sente vraiment à l’aise. Toutefois, l’ambiance est des plus agréables et personnes n’est upset devant vos piètres skills; au contraire, tout un chacun tente de nous apprendre au mieux les pas. Puis, nous retournons au Pub. Ce dernier est plein à craquer, et nous devrons patienter avant de nous élancer et s’amuser au son de Steve Brown and the Bailers.

Samedi matin, le réveil est bien matinal après cette longue soirée : Marc, volontaire pour la Yukon Quest, doit être au environ de 7h30 sur Second Street. Bref, le temps de préparer le café, d’avaler le petit déjeuner et nous voici en route. Les premières lueurs de l’aube pointe à l’horizon. Un ciel légèrement plus clair transparaît derrière l’Alaska Range. Il est loin le temps où le soleil se levait presque à l’heure de l’apéro pour se coucher quatre heures plus tard. Aujourd’hui a lieu le départ de la Yukon Quest, cette mythique course de chien de traineau qui rallier Fairbanks à Whitehorse, 1000 miles à travers l’Alaska intérieur et l’ouest canadien. Par un malheureux hasard du calendrier, aujourd’hui a aussi lieu la gear swap de l’Alaska Alpine Club. Faisant partie du comité, je me dois d’être présent à ce marché d’occasion géré par le club. A défaut d’assister au départ de la course, je soulagerais mon compte en banque de quelques dollars pour acheter une deuxième paire de chaussure de télémark, une valise pour mes skis – s’il me venait à l’idée d’aller skier dans le Colorado ou en Californie –, une paire de ski de fond pour le skating.

17h00, j’ai terminé mon travail, au même moment que Marc a finit le sien. Rendez-vous au Big I, un bar occupant l’un des plus anciens immeubles de Fairbanks. Malgré les nombreuses inondations et les incendies, et la velléité de certain Fairbanksien le bâtiment est toujours debout. Autour d’une petite bière, Marc me raconte sa journée. Dans deux ans – la Yukon Quest partant alternativement de Fairbanks et de Whitehorse –, j’assisterai au départ, sans faute. Pour une première fois depuis son arrivée, Marc et moi nous nous accordons une soirée tranquille : discussion, une ou deux vodkas-cornichon 1 – il s’avère que les cornichons américains sont un peu trop doux –, un dernier ouzbek et nous voilà au lit juste après minuit.

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Dimanche matin, la grasse matinée est de rigueur, nous nous levons en même temps que le soleil. Aujourd’hui est un grand jour pour l’Amérique, en ce 2 février 2014 se joue le Superbowl entre les Seahawks (Seattle, Washington) et les Broncos (Denver, Colorado). Il a quelques jours en arrière, Matthew nous avait proposé de se joindre à ses amis, les mêmes avec qui j’avais participé à mon premier bar-hopping sur la Chena en mai ou juin dernier. La proposition est d’autant plus alléchante que lors de cette rencontre annuelle, se tient un Chicken Wing Contest : concours culinaire visant à élire les meilleures ailes de poulet de leur groupe. Douche au GI, puis, avant de récupérer Matthew pour les festivités, nous faisons un petit crochet par l’Alaska Mall. Deux minutes, juste le temps de regarder s’il n’y pas quelque choses d’intéressant à récupérer – dimanche dernier, je suis reparti avec un petit banc en bois pour ma terrasse –. Si je fais choux-blanc, Marc repart avec un souvenir, une paire d’élégante chaussure à sa taille.

 L’après-midi est des bien sympathiques entre bières, petits en-cas, bières, chicken-wing 1, chicken-wing 2, …, chicken-wing 7. Peut-être que l’année prochaine je m’alignerai avec des ailerons à la citronnelle. Tout comme en Europe je n’étais pas captivé par le football, en Alaska, la variante américaine ne me fait guère frissonner. Par contre, les publicités intermédiaires, les plus chères du petit écran, sont définitivement fascinante. Je passerais la moitié de l’après-midi entre la cuisine à discuter des différentes recettes et le barbecue à contrôler de temps à autre la cuisson des ailes. Après un peu plus de 4 heures de jeu, les interruptions publicitaires et musicale, le score est sans appel : 43-8 pour les Seahawks.

Alors que Marc et moi-même nous discutons du planning du premier pour les semaines à venir, Eyal me téléphone. Il est sur le point de partir avec Ron Murray, menant quelques touristes, pour Pedro Dome, surplombant Pocker Flat. Deux fois par années, une fusée décolle de Pocker Flat. Son objectif, voler à travers les aurores boréales, amasser le maximum de donnée, avant de retomber dans les Brooks Range. Si depuis la semaine dernière, je suis au courant qu’une fusée devait voler, Eyal, grâce à l’un de ses nombreux contacts, est tenu au courant heure après heure, dès que la possibilité d’un vol apparaît. Ce soir, toutes les marques sont au vert, et il serait dommage de rater pareil occasion.

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Sur Pedro Dome, le vent souffle avec force. Si le mercure indique seulement -15°C, le ressenti chutent à près de -30°C. Peu à peu les aurores se lèvent d’un vert léger, pointant au-dessus de l’horizon. Loin des lumières de Fairbanks, le nombre d’étoiles visibles est centuplé, même l’extrémité blafarde de la voie lactée se détache dans le ciel sombre. Si le début du spectacle nous avait laissé espérer un show grandiose, au bout de quelques heures, l’aurore pâlit, la faute au Bz, l’une des composantes du champ magnétique, passant au Nord 2. Si je suis charmé comme à chaque fois que je vois des aurores, Marc est lui enchanté par ce phénomène presque magique. Je me dois aussi de remercier Ron, pour ses deux photographies. Ron est un chasseur d’aurore. La nuit durant il surveille les indicateurs, entraîne les touristiques pour des tours nocturnes à la découverte des aurores, tant visuelle que culturelle, vulgarisant les connaissances scientifiques. Excellente nuit éveillée, quatre heures de sommeil et il est temps de retourner au travail.

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Notes:
1. une tradition vivace de Balélec, importée par Marc lors d’un voyage de classe en Russie
2. plus l’orientation du Bz est sud, plus les aurores boréales seront fortes. Peut-être ferais-je un jour un billet sur elle

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