Dog mushing

19 février 2014, 12h00
Fairbanks, UAF
-20°C, bleu ciel

A Anita.

Lever peu après 9h00 sur le chenil de Sirius Sled Dogs, de la baie vitrée de la maison en construction dans laquelle nous dormons, j’observe la fumée s’échapper de la cheminée de la cabane en contrebas. Dans le lointain, le Denali domine l’Alaska Range comme à l’accoutumée. Avant de déjeuner, place aux corvées matinales qui me rappellent les hivers au chalet à la Tsoumaz : ramener une luge pleine de rondins, préparer un peu de petit bois pour le lendemain, remplir la citerne d’eau à partir du réservoir principale. Dans le silence matinale, un des chiens hurle, bientôt rejoint par d’autres voix. Une légère odeur de pancake emplit la pièce commune, à mesure que l’un après l’autre s’ajoute à la pile. Beurre, sirop d’érable, café accompagneront ce petit déjeuner.

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Deuxième tâche matinale, il est temps de s’occuper des chiens, nettoyer le chenil, récupérer les bols afin de faire fondre le mélange glacé d’eau et de nourriture qui s’est formé pendant la nuit. Tien de plus humbles que de ramasser les crottes. Tout en m’occupant d’une niche après l’autre, je profite de les caresser, appréciant le contact de leurs poiles. Seul Clyde, le grand mal, dont seul la silhouette ressemble à un loup, tant il est timide et peureux. Peut-être qu’un jour j’arriverais à passer ma main dans son épaisse fourrure noire. Il est temps de préparer deux attelages, Garrett et Frank partent pour un tour, emmenant les deux filles du voisin pour un tour dans la forêt.

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A leur retour, les chiens ont droit à une petite heure de repos, le temps de s’hydrater à nouveau, regagner quelques forces. Puis, Garrett, Eyal et moi préparons un nouvel attelage pour profiter de cette après-midi au couleur exceptionnelle. Le mercure est juste en dessous de 0°F – température idéal pour musher -, les rayons de soleil se dispersent à travers la forêt, dessinant une dentelle d’ombre sur la neige. Le chant des oiseaux retentit dans le sous-bois. Le temps a presque suspendu son vol, il semblerait que le printemps soit déjà là. A travers la forêt nous filons, entrainés par 10 chiens, glissant entre les arbres. Sitôt après avoir rejoint l’un des chemins un peu plus large Garrett s’arrête, donne les commandes à Eyal, avant de me laisser la place à l’arrière, alors qu’il s’installe sur le siège molletonné destiné au touriste. Au bout de quelques miles, Garrett me propose de prendre à mon tour les rennes; il prends quelques minutes pour m’expliquer comment gérer la vitesse, usant les différents freins. Ce matin Anita m’avait enseigné comment fonctionne un attelage avec le chien de tête (lead dog), guidant l’attelage au ordre du musher, épaulé dans les changements de direction par les swing dogs, la paire de chiens qui vient en second; en avant du traineau se trouve les chiens de barre (wheels dog), un couple de chien endurant et costaud dont le travail principal est de faire décoller la luge au démarrage. Entre deux et la tête, se trouve d’autres paires, dont la puissance de l’attelage est proportionnel à leur nombre. Bref, j’accepte avec joie. Hike, l’ordre indiquant au chien de commencer à tirer, résonne dans l’air et peu à peu nous prenons de la vitesse.

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Jouant avec le frein, j’essaie de maintenir une vitesse idéale. A l’optimum, l’arrière trains des cinq paires de chiens se soulève l’un après l’autre, comme parcouru par une ondulation,  telle une vague qui se propage d’une paire à l’autre. Difficile de maintenir le rythme en fonction de la pente; sitôt casser, de léger à coup, se font ressentir lorsque deux paires ou plus tirent la luge au même instant. Gee pour tourner à droite, Haw pour virer à gauche, On-by pour inciter les chiens à continuer tout droit. Je continue de parler aux chiens. Même s’ils ne me comprennent pas, ils sont sensibles à l’intonation de ma voie, et aux encouragement. Alors que nous attaquons une plus longue montée, j’aide mon attelage, à l’équilibre sur un pied, les deux mains fermement agrippé au traineau, je donne des poussées régulières de mon autre jambe, soulageant le travail des chiens. S’ils sont trop à la peine, je n’hésite pas à descendre et à courir à côté, l’une des mains accrochées sur le traineau.

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Douze miles de bonheur plus loin, nous sommes de retour au chenil. Il est temps de prendre soin des chiens, leur donner suffisamment d’eau pour les hydrater. Certains d’entre eux, les mieux éduqués ont même le droit de se reposer au chaud de la cabine. Le sol est recouvert par un véritable tapis de chiens, avachis, allongés sur le sol en bois. Rien de mieux que de glisser ses pieds sous le corps d’un husky endormi pour réchauffer ses orteils. Au menu du souper, ragout d’élan, pain fraichement sorti du four. Un véritable régale. Merci Anita pour cette journée fantastique.

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