En route pour les Lower 48

1er juin 2014, 1754 (GMT-5)
Nuageux
MSP-FAI, survol du Canada

 Ce matin, point de rayons de soleil pour me réveiller, mais le doux bruissement de la pluie qui fait des claquettes sur le toit. Je n’ai guère l’envie de me glisser hors de mes draps. C’est avec joie que je reçois le texte de Matthew m’annonçant que sa main lui fait un peu trop souffrir pour continuer les travaux ce matin. Bref, je saisis l’un des nombreux livres qui occupent le chevet de mon lit, et me mets à bouquiner. Une bonne heure plus tard, mon estomac se met à gargouiller, réclamant son dû car l’horloge affiche déjà 10h45.

Je passerais le reste de la matinée à ranger mon cabine, lui donnant un bon coup de poutse, achevant de nettoyer la vaisselle sale, pliant les derniers habits de lessive, et surtout rangeant les affaires d’hiver et les skis qui trainent encore dans ma chambre. L’après-midi s’écoule doucement, entre quelques rapides petites tâches à l’extérieur, l’une ou l’autre commission, ou encore finir de découper mon poster. Deux petites heures avant de prendre l’avion, je finis d’empaqueter mes affaires. Peu après 22h00, Skye passe me chercher pour m’amener à l’aéroport. La saison touristique a finalement commencé, Delta a positionné ses agents pour aider les pinguelis à imprimer leur carte d’embarquement et l’enregistrement des bagages. Non, m’ame, je n’ai pas besoin d’aide.

Quelques minutes après minuit, les roues quittent le tarmac : me voilà en route pour Milwaukee, dans le Wisconsin, avec transit à Minneapolis-Saint-Pol (MSP). Pour la deuxième fois en moins d’un mois, le travail ma’mène dans les Lower 48. En décembre dernier, Hajo m’avait retransmis un courriel qu’il avait reçu d’Adrian Sheppard, l’invitant à un mini-symposium sur la tomographie 3D de matériaux poreux non-traditionnels, dans lesquelles figurent pour de bonne raison la glace de mer. Après avoir regardé le programme, et quelques résumés d’articles de l’année dernière, je m’étais finalement décidé à m’inscrire. Entre les exposés sur l’imagerie 3D et les présentations concentrées sur l’extraction pétrolifère, dans laquelle saumure et pétrole baignent dans les pores d’une matrice poreuse et jouent un rôle important, les sujets abordés semblaient intéressant pour ma thèse. Fin mai me paraissait encore loin, le programme hivernal prévoyait – si le proposé CMI or JIP était accepté – de débuter les tests des ice tanks fin janvier, et les expériences fin mars. Comme vous le savez – par mon manque de communication –, j’ai fini sur les rotules, mais des échantillons plein les congélateurs, le sourire au lèvre et aujourd’hui je m’envole pour la première conférence.

 Si certain de mes collègues se posaient la question pourquoi j’avais choisi de me rendre à cette conférence à Milwaukee – la cité traîne une réputation de ville laissée pour morte par l’économie, comme Detroit –, d’autres n’ont cessé de faire l’apologie des fromages du Wisconsin, produisant les meilleures des États-Unis d’Amériques. Des deux descriptions, j’en ai gardé la seconde. Alors que je m’envole une semaine pour Milwaukee, Flo – mon collocataire – , que je dois encore vous présenter – a décoller hier soir pour Chamonix, où se tiens une conférence de glaciologie. Mercredi soir, nous avons eu un barbecue en l’honneur de notre future absence commune, le titre : Flo s’envole au pays des bons fromages – le qualificatif d’excellent étant réservé à la Suisse – et moi pour l’état des presque bons fromages. En notre absence, Jordan, un étudiant d’Oregon University à Fairbanks, s’occupera de notre dry cabin.

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