Conférence et gala

16 juin 2014, 1200 (GMT-8, AKDT)
UAF, WRRB 101, Fairbanks

Le building 167 est dévolu au logement des préposés à la logistique de Polar Field Service que sont Anna Schemper ou Joshua Bacon, qui séjourne à tour de rôle pendant un mois durant presque toute l’année. Hier soir, après le souper que nous avions partagé avec Anna, elle nous a proposé d’utiliser sa cuisine plutôt que de rester dans nos quartiers serrés du 166A. C’est ainsi que je rédige ce texte assis dans un confortable canapé en simili-cuir, appréciant l’atmosphère accueillante de cette cabane

Ce matin, je quitte silencieusement l’appartement, mes affaires sur les dos. Un demi-kilomètre plus loin, je rejoins ma nouvelle demeure, où Melissa, de retour d’un jogging matinal, m’accueille. Le temps de déposer mes affaires, et me voilà déjà dans le bus pour le centre de conférence.

Le troisième jour de conférence ressemble comme deux gouttes d’eau au deuxième. Présentation plénière pour ouvrir la matinée, suivi de l’ouverture des sessions parallèles, chacune avec l’exposé d’un invité. Entre tomographie, reconstruction 3D, écoulements biphasiques de pétrole brute et de saumure dans des roches poreuses, les sujets sont intéressants. Je pioche l’une ou l’autre idée qu’il me faudra explorer plus tard. A midi, je partage la table avec les deux employés de Procter et Gamble, ainsi qu’Ed Adams de Bozeman, Montana State University, qui se révèle être un nivologue. Heureux hasard que les deux uniques représentant du milieu glacé se retrouvent à la même table. Nous enchaînons les conversations entre ses voyages en antarctiques, ses études sur les avalanches, la glace de mer et nos passions communes (skis, ainsi que tout dispositif flottant).

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En fin d’après-midi, les sessions se terminent un peu plus tôt qu’à l’accoutumée. Accompagné d’Hélène et de Jeff, un employé de Zeiss, un autre producteur de tomographe à rayon X, nous longeons le Wisconsin Avenue en direction de Michigan Lake. A mi-chemin, le voile triangulaire du burke brise soleil recouvrant l’extension du Milwaukee Art Museum, dessiné par Santiago Calatrava, se dévoile peu à peu. Difficile de décrire cette merveille d’ingéniosité, entre squelette de poissons aux multiples arrêtes, élégantes robes de mariées ou tout simplement un cygne prenant son vol. Précédent le souper de gala qui se tiendra dans le Pilot Room au sommet de l’édifice, la verrée se tient dans le Discovery Center, un musée dont Milwaukee et les Grands Lacs en sont le centre. Tout débute avec un maquette géante représentant la région des Grands Lacs et le cycle de l’eau. Les visiteurs y peuvent déclencher à leur guise une simple pluie ou un violent orage : l’eau accumulée dans le Lake Superior s’écoule dans la St-Mary River qui se jette dans le Lake Michigan, qui a son tour alimente le Lake St-Clair via la rivière éponyme. Ce dernier n’est qu’une étape avant le Lake Érié, mais la rivière est renommée Detroit River. Finalement, les eaux alimentent les chutes du Niagara qui remplissent le Lake Ontario, et de là via le Saint-Laurent, elles rejoignent l’Atlantique. Le schooner Challenge, sous les ordres de William Wallace Bates, accomplit ce périple au milieu du XIXe siècle, reliant Lake Michigan à la Floride, observant faune et flore aquatique. Le visiteur est amené à poursuivre le même périple à travers les aquariums. Suivant le journal de bord, il découvre peu à peu les diverses espèces qui peuplent les lacs, de l’eau douce à l’eau salée, des eaux peu profondes aux abysses de l’océan, des esturgeons aux raies,… Au premier étage trône une réplique du schooner de 88 pieds, de part et d’autre, le thème de l’eau est au cœur des expositions, que soit le bois flotté pour l’inspiration d’un canapé des plus confortables, ou un mécanisme expliquant le fonctionnement des égouts et du système d’épuration de l’évier jusqu’au lac. Le musée est prévu pour les enfants ; et rien n’est aussi amusant que libérer une bande de scientifique dans un tel endroit, où ils peuvent manipuler de simples jouets et démonstrations. De vrais gamins (et je n’étais pas en reste).

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19h00, nous devons tous quitter le musée pour rejoindre la Pilot House, située au dernier étage. De la terrasse circonvenant la salle à manger, le panorama s’étend à 360° sur Milwaukee et le lac. Tout simplement grandiose. Si les allocutions du souper de gala (félicitations, awards…) sont des plus barbantes, le repas est excellent avec un poulet relevé d’une sauce safranée. Jeff et moi terminerons la soirée en compagnie d’un troisième larron dans l’une des brasseries Downtown.

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