Madison

24 juin 2014, 1100 (GMT-8, AKDT)
UAF, WRRB 101, Fairbanks

9h00, après un petit détour par Stone Creek Coffee, je me rends au terminal de Badger Bus. Badger, le blaireau en anglais, je me demande pourquoi une compagnie de bus s’appelle ainsi. Une heure et demie de route  sont nécessaire pour parcourir les 80 miles séparant les deux villes. la rase campagne est plane, pas aussi plate que les plaines à blés au sud de Paris, quelques petits vallonnements ondulent à travers le paysage. De temps à autres un botza, quelques arbres éparses ou le sommet arrondi d’un silo viennent casser la monotonie du paysage. Dans le lointain, s’élevant au dessus de la frondaison des arbres, dans l’alignement de la rectiligne route s’élève le dôme blanc  du Wisconsin State Capitol. Le soleil brille; dehors, la température atteint déjà les 75°F (23°C).

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Au centre de Madison, capitale de l’état, trône le Wisconsin State Capitol, un immense, magnifique bâtiment blanc à la structure en X. Véritable cœur de la cité,  construite sur la langue de terre enserrée entre Lake Monona (le Lac du Levant) et Lake Mendota (le Lac du Couchant), quatre principales artères s’élancent du carré centrale en direction des quatre points cardinaux, quatre rues secondaires coupent les quadrangles à 45°. En ce samedi matin, le marché Dane County Farmer’s Market occupant le gigantesque square arborisé entourant le capitole fourmille d’activité. Les gens déambulent d’une étale à l’autre, tournant dans le sens trigonométrique autour du dôme centrale. Je ne m’attarde guère entre les échoppes

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Je ne m’attarde guère entre les échoppes et pénètre dans le rez-de-chaussée du Capitol. Je suis tout de suite surpris par le va-et-vient des personnes dans cette enceinte administrative: touristes, habitants de Madison, tout ce monde se mêle les uns aux autres, zig-zaguant pour rejoindre l’une ou l’autre porte donnant sur l’une des huit rues partant du bâtiment. J’apprends que rapidement qu’un des grands souhaits des premiers législateurs fut de faire du Capitole, non seulement le centre du gouvernement, mais aussi un bâtiment où tout un chacun habitant le Wisconsin est le bien venu, d’où l’ouverture d’esprit et les gens vaquant dans le labyrinthique intérieurs formés d’innombrables balcons, escaliers, coursives… Bien qu’âgé de moins de deux cents ans, le Wisconsin a déjà connu quatre capitole. Le premier fut une cabane préfabriquée en bois, sans eau courante, érigée à Belmont en attendant la construction du batîment officiel à Madison. En 1837, le deuxième capitole est érigé  en pierres excavée de Mapple Buff, un proche village, et de chênes locale. Entre 1857 et 1869, le troisième capitole est construit selon un plan inspiré du capitole de Washington avec un dôme. Détruite en 1904 dans un incendie, la construction de l’actuel bâtiment commença en 1906 et s’acheva 11 ans plus tard. Bijou architecturale, dont le dôme d’élève à 284 pieds, soit 3 pieds de moins que le Nation’s Capitolà Washington D.C., le volume de son dôme en granite blanc de Bethel (Vermont) est le plus grand au monde pour pareil matériaux. 43 pierres en provenances de six pays différents et huit états furent nécessaire pour achever l’intérieur ostentatoire :  marbres de Grèces, Italie, Algérie, France, calcaire du Minnesota, labradorite de Norvège, granite rouge de Waupaca (Wisconsin) pour n’en citer que quelques-uns. Depuis 1990, une loi interdit la construction de tout bâtiment dont la hauteur sera supérieur à celle de ses colonnes dans un rayon de 1 mile.

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Rien à redire l’intérieur est somptueux, la coupole est tout simplement magnifique. Il est difficile de se faire à l’idée qu’elle est perchée à plus de 50 mètres au-dessus du sol. De part et d’autre de la rotonde centrale, quatre mosaïques représentant les valeurs fondamentales occupent l’espace au-dessus des larges colonnes en marbre vert supportant les coins de la salle. Les halles sont particulièrement lumineux pour un bâtiment de cette taille construit au début du siècle. J’apprendrais que cela provient de la volonté de l’architecte, George B. Post qui voulait qu’un maximum de lumière naturelle éclairent les salles.

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A ma grande joie, une visite guidée de l’intérieur  est proposée gratuitement. Rien de tel pour découvrir l’un ou l’autre secret de ces vieux bâtiments. Je me rappellerais toujours de la visite du Palais Fédéral à Berne, le jour où j’étais passé à l’ambassade américaine pour mon visa, que de petites histoires à propos du drapeau du Jura et des matériaux utilisés. Ici, point de poste de sécurité à passé avant de visiter les différentes chambres, que ce soit celle du gouverneur, du sénat ou encore de l’assemblée. A l’entrée de la chambre du gouverneur trône un bronze représentant un blaireau. Cette statue, à l’effigie de l’animal emblématique du Wisconsin, trônait à l’origine dans le navire de guerre USS Wisconsin jusqu’à sa destruction en 1922. De même, une tête de blaireau domine chacune des portes donnant accès à l’une des trois importantes salles de réunions.

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Entre fossiles incrustés dans la pierre calcaire utilisée pour les escaliers et la chambre du sénat, verrières magnifiques gorgeant de lumière les salles principales, fauteuils confortables, la visite se poursuit dévoilant petit à petit les pièces les plus importantes. Je ne saurais que trop recommandé à la visite de ce monument à toutes personnes de passage par Madison. Pour terminer une dernière histoire, dans une des chambres chacun des bureaux où siègent les sénateurs possèdent un bouton rouge, que tout visiteur est tenté de presser. Pareil action, même en période de session, ne produit aucune réaction : le bouton rouge n’est rien d’autre qu’une fioriture depuis son installation.

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Il est temps de gravir la petite centaine de marches qui mènent jusqu’au couronnement du dôme extérieur. De là, la vue sur Madison est imprenable. L’effet de perspective généré par les huit routes se croisant virtuellement au centre du dôme telle des lignes de perspectives est saisissant.

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De retour sur le plancher des vaches, il est temps de profiter des beaux jours et de faire un petit tour au marché : tomates rouges, asperges fraiches, plantons de toutes sortes, étales de fromages et de saucisses… que la vie est agréable. Le thermomètre ayant dépassé les 25°C et ayant encore une demi-journée devant moi avant de regagner mes pénates, je fais une croix sur l’achat de fromage dans l’immédiat. Toutefois rien ne m’empêche de déguster quelques échantillons : entre fromages de chèvre, gouda de 3 ans, sheddar vieillis, je ne suis pas déçu par les gouts.

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En dehors d’Erin qui m’a toujours décrit la cité avec enthousiaste, Madison est rapidement devenu un ville à visité dès l’instant où je me suis souvenu que Franz Lloyd Wright (un de mes architectes préférés avec Calatrava) est né au Wisconsin et que cet état lui a toujours tenu à cœur au cour de sa carrière, amour malheureusement pas vraiment réciproque. Durant toute sa vie il a espéré doté Madison d’un véritable centre culturel, il lui a fallut bataillé pendant des années, revoir sa copie à de nombreuse reprise avant que le projet de Monona Terrace prennent enfin jour. La construction du complexe sera d’ailleurs achevé bien après sa mort en 1959. Si la première esquisse date de 1937, le batiment n’est achevé qu’en 1997. Lassés par les nombreux combats qu’il a dû mené contre différentes factions municipales, il se chargea du dessin extérieur et laissa son apprenti Tony Puttnam pour dessiner l’intérieur. Les 60 ans que durèrent la construction s’accompagna de controverse tant sur les modification du design originale que les modifications apportés à la structure.

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L’histoire tourmentée du musée est racontée à merveille par Sabine, notre guide. Passionnée par Franz Lloyd Wright – elle a visité presque tous ses monuments importants -, avec entrain elle détaille le choix des moquettes lors du récent changement, le design des lustres dans les salles, la courbure des tables, … La visite est tout simplement extraordinaire. Si Monona Terrace est disponible à la location pour réception – moyennant probablement quelques dizaines de milliers de dollars -, vous pouvez – ou plutôt – devez travailler avec l’organisation Monona Terrace qui s’occupe du mobilier principale, de la décoration et autres détails afin que tout soit parfait, comme l’atteste le mariage qui se prépare.

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Une vois la visite achevée j’erre dans les couloirs où sont exposés une série de photographie mettant en avant la vie de l’architecte entre son atelier à Taliesin 1 dans le Wisconsin ou à Taliesin 3 en Arizona. Aujourd’hui, la majorité de la terrasse supérieure est interdite au public, le mariage qui aura lieu d’ici un peu plus d’une heure réduit la partie ouverte à la portion congrue du petit bistrot situé dans l’angle nord. Al’ombre d’un parasol, j’y déguste une bière, un rafraichissement bienvenue quand la température extérieure atteint les 30°C. Le petit Lake Monona fourmille d’activité : ski nautique, bateaux à moteur paraissant ou encore jet-ski ne laisse que peu de place aux quelques voiliers. J’apprécie ce petit moment de détente, le véritable que j’aille depuis un peu plus de deux mois.

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Après une première petite baignade dans le lac du Levant, je rejoint James Madison Park – un rectangle de verdure de l’autre côté de l’isthme. Chemin faisant le long de State Street, j’apprécie un ensemble a capella avant de découvrir une bibliothèque public: au coin d’une rue, une armoire munie d’un toit est ornée de l’inscription “Free Books“. Je prends le temps de fouiner parmi la cinquantaine de livres rangés de manière chaotique, un seul livre m’intéresse; toutefois, le format du volume, il s’agit d’une encyclopédie, me dissuade de l’emporter avec moi. Arrivé au parc, avant de me jeter à nouveau à l’eau, je longes un peu la côte. Au sommet du talus à la prairie fournie, quelques maisons se dressent avec une vue imprenable. Devant le porche, kayaks et maillots de bain ont été mis à sécher. Je ne résiste pas à la tentation de nager une deuxième fois. La température de Lake Mendota me semble un peu plus élevée que celle de Monana; peut-être est-ce dû à la plus faible profondeur du lac près de la rive.

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La journée a passé trop rapidement, il ne me reste plus que deux petites heures avant de devoir prendre le bus pour retourner à Milwaukee. Un petit quart d’heure avant 17h00, je me précipite à Fromagination, un magasin, comme son nom l’indique, spécialisé dans le fromage. Bien que recommandé par le Lonely Planet, je ne m’attendais pas à un pareil paradis gustatif. En dehors des cinq vitrines regorgeant de dizaines de fromages du Wisconsin, d’autres produits locaux sont tous aussi alléchants : miel, saucisse sèche, bière, … Il me faudra de nombreuses minutes, et quelques dégustations, pour finalement me porter mon choix sur une petite sélection de fromage à ramener à Fairbanks : 2 Limburgers, 1 gouda affiné 3 ans, un cheddar de 6 mois, un fromage de brebis. Je me réjouis d’avoir l’avis de Simon, le p’tit frouze, à propos de ces fromages.

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Finalement, il es temps de barrer la dernière entrée sur  ma to-do liste pour la journée, la visite du MMCA, le Madison Museum of Contemporary Art qui occupe un  bâtiment à la façade de verre à l’allure emblématique situé à l’intersection de State et Henry Street. Trois galeries pour trois différentes expositions. Intitulé  Turn, Turn, Turn, (To Everzthing There is a Season), en référence à la chanson de Pete Seeger, la première est dévolue à la constante évolution et changement au cours du cycle de vie d’un être humain. J’y retrouve deux œuvres de Roy, définitivement présent dans tous les musées d’art que j’ai visité aux USA jusqu’à présent, et découvre Bruce W. Carter, peintre de Split, White Man!, ( Ilona garnet pour Curb Your Animal Instinct (1948), Nicholas Monro pour Stone Circle (1970) ou encore Jane Hammond pour Irregular Plural (1995). Au rez-de-chaussée est présenté une exposition où le point commun des œuvres est d’être des collages, bi- ou tridimensionnelle. J’apprécie grandement le travail de Ray Yoshida et sa série Comics Book Specimen dont le collage des bulles de comics américains narrent une histoire sans trame et des plus rocambolesque. Malhreusuement pour vous, je n’ai réussi à trouvé que le numéro 2, sans aucun texte (#2, 1968) . La dernière salle est consacrée à une rétrospective sur les peintres mexicains, où figurent en bonne place Frida Kahlo et Diego Riverias, ainsi qu’une découverte, Rufino Tamayo et son demi-poisson.

Cette visite de Madison ne serait pas complète sans un passage par l’un des nombreux coffee shop. Avisant la présence d’un cold brew à l’affiche, je commande un sludge. Devant l’expression effarée de la barrista, je décris le breuvage comme un café suralimenté de deux expressos et apprends qu’ici il s’appelle red eye. Le retour à Milwaukee se passe sans encombre, jusqu’à ce que nous rencontrions un bouchon en arrivant sur le périphérique. Ah, la ville, ses petits plaisirs et ses grands inconvénients.

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