Sirius Sledge Dog Kennel

Fairbanks, lundi 28 September 2015

En ce samedi matin, la neige est tombée pour la première fois sur Fairbanks. Un tapis de quelques centimètres recouvrent le sol laissant transparaître la couleur ocre des feuilles mortes. Les feuillus à moitié dégarnis ploient sous le poids de la neige. En ce matin d’automne, les sons arrivent comme étouffés de l’extérieur; dedans, un feu, ronronnant dans le potager, radie de sa chaleur. L’heur du déjeuner arrive à grand pas avec tresse et pancake ball, une délicatesse préparé par Alex. Attablé atour d’un café fumant, Alex et moi échangeons avec mes parents sur leur souvenirs et meilleurs instants de ces dernières semaines.

Outhouse [photographiée sous les premières neiges du 12 septembre]
Première neige sur Fairbanks

En dehors des paysages merveilleux et changeant, de la gentillesse des gens rencontrés, du dépaysement total, l’Alaska s’est dévoilé sous trois oripeaux bien différent. Arrivé au milieu du mois d’août, ils connurent l’été, avec la présence de quelques derniers moustiques. Au court de leur voyage dans le sud et leur remontée dans l’intérieur, l’automne les a accueillis avec ses merveilleuses couleurs et les premiers frimats. Hier, à leur retour de Circle, les premières neiges et le brouillard leur ont donné un avant-goût de l’hiver. L’expérience ne serait pas complète, sans qu’ils ne goûtent à des températures négatives (sur l’échelle Fahrenheit). Après le déjeuner, je les amène au Ice Lab. Dans les profndeurs du bâtiment du Geophysical Institute, au milieu des nombreux congélateurs remplis d’échantillons, deux grandes chambres froids sont maintenues à -20°C (-4°F). Sans aucune expérience en court, elles ne présentent pas grand intérêt, si ce n’est que de faire ressentir à mes parents un sec et doux jour d’hiver Fairbanksien.

Cette visite septentrionale ne serait point complète sans une visite chez Nita, une amie musher, co-propriétaire de Sirius Sledge Dog. Si je m’attendais à une route enneigée pour monter jusqu’à Murphy Dome, rien ne m’avais prévenu que la quantité tombée durant la nuit sera suffisante pour que mon châssis râcle la surface.En bas de l’allée menant au chenil de Nita, je regarde la neige vierge, les arbustes ployés au milieu du chemin. Je me remémore les nids de poules de cet été. A quoi bon, en Alaska il est bien connu qu’une Subaru passe partout. En première, pneu d’été sur neige mouillée, les roues patinent quelque peu avant de nous entraîner entre deux murailles blanches. Deux minutes de conduites, les yeux rivés au chemin, à corriger les écarts de la voiture glissant sur la neige humide et nous voici arrivé.

Nita, accueillante comme à l’accoutumée, nous amène avec un grand sourire dans la grande maison voir le deux chiots de la dernière portée, Miracle et T Rose, âgés de trois semaines. Encore malhabiles, l’un peu aventureux, l’autre courageuse présente deux caractères des plus différents. Avant de visiter le chenil derrière la petite cabane en contrebas 1, Nita laisse quelques chiens s’amuser librement dans la neige, Boubou et Lily, les deux plus jeunes de l’avant-dernière portée du mois de juin, batifolent avec joie, sous l’œil attentif de Burl, Bella, …

Boubou, âgé de 3 mois
Boubou, âgé de 3 mois

Mes parents sont aux anges, surtout maman qui a toujours aimé les grands chiens. Papa n’arrête pas de me poser des questions à propos des races et différences entres le malamut alaskien et sibérien, que je traduits pour Nita. Après être ressorti de l’autre côté de l’Arctic Entry traversant la cabane, ils n’en reviennent pas à la vue des dix-neufs chiens de Nita: Amber, aux yeux vairons, est toujours aussi belle. Clyde, le géant au pelage noir, est toujours aussi timide. Eavett bondit toujours autant. Parmi la dizaine d’autre chiens que Nita garde actuellement, je fait connaissance de Gillingham un magnifique malamut dont les yeux, cernés d’un bandeau noir, lui donne un aspect filou, et de Mirac, une petite chienne, dont seul la tête sort de la niche.

De retour à ma cabane en milieu d’après-midi, mes parents m’ayant fait part de leur petite tristesse quand à la mise à jour d emon blog, je partage avec eux mes aventures de l’année, leur montrant quelques photographies de mes excursions vers  Hutlinana, Canwell Glacier, Seldovia, pêche à Chitina … En guise d’une dernière excursion, mes parents et moi allons boire un verre au Golden Eagle. Ce bar d’Ester représente l’archétype d’un saloon dans un western avec sa galerie, ses barrières en rondin, son éclairage sombre, son bar linéaire le long d’une paroi. En plus de son ambiance particulière, chaque dimanche une jam prends place, soit à l’extérieur durant les beaux mois, soit à l’intérieur l’hiver venu. Les musiciens locaux et autres violoneux y viennent jouer leur airs favoris, entonnant d’un commun accord un morceau de country après l’autre, tantôt insérant une ballade irlandaise ou une gigue celtique.

Pour couronner leur visite, le dernier repas est un véritable tour d’Alaska avec King Crab de la mer de Bering, rôti d’élan chassé dans l’Alaska Interior par mon ami John, carotte sautée de Palmer, choux rouge de Fairbanks, … Un vrai délice, le tout arrosé de Malbec d’un pousse-café.

Notes:
1. Pour redécouvrir le chenil, je vous laisse (re-)découvrir ces histoires ici et

Comments

  1. Magnifique ! Quel bonheur et quelle chance vous nous donnez en partageant ainsi ces images et ces instants. On croît rêver, on croît voyager… c’est formidable. Et surtout, on a l’impression de vous voir !

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